La France à la veille de la Révolution (1787-1789)

Quand faire débuter la Révolution ? Au premier abord, on pourrait penser à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, ou à la réunion des États-généraux au mois de mai précédent. Mais ce serait voir la Révolution comme un événement sorti de son contexte, bien plus large et ce serait ainsi bien mal la prendre. Il est plus judicieux de remonter en 1787, date à laquelle eut lieu ce que certains historiens ont vu comme une réelle « pré-révolution » menée par les notables, et de comprendre ce qu’était cette France d’un régime qui n’était pas encore devenu « Ancien », mais presque…

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Récupérations politiques de l’Histoire : Asselineau, un cas d’école

Après ma vidéo sur les récupérations politiques de l’Histoire par la classe politique actuelle, plusieurs personnes m’ont demandé mon avis sur le discours de François Asselineau (président de l’Union Populaire Républicaine) à propos de l’Histoire de France. Rappelons les faits pour ceux qui ne le connaissent pas : énarque puis haut fonctionnaire ayant écumé les ministères notamment au service de Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy, il a quitté l’UMP en 2006, la jugeant trop favorable à l’Union européenne et aux États-Unis, et a fondé l’année suivante l’UPR, parti souverainiste se disant « hors des clivages gauche-droite » et dénonçant fréquemment de multiples complots émanant généralement, selon lui, de la CIA.

Le personnage est aussi populaire auprès de ses soutiens qu’inconnu ailleurs, ce qui lui a valu une longue lutte avec Wikipédia pour obtenir un article, et un intense lobbying de ses supporters auprès des médias. Le parti, qui se targue d’avoir un grand nombre d’adhérents, n’en reste pas moins très marginal dans les urnes (Asselineau lui-même n’a pas atteint 1% des voix en Île-de-France lors des régionales). Pourquoi en parler alors ? Parce que, comme bien des mouvements du genre, il est bien ancré sur Internet, appuyé notamment sur des conférences vidéo qui peuvent sembler solides au premier abord, et qu’il importe donc de se pencher un peu sur le fond plutôt que de se contenter de tirer sur l’ambulance.

Étant historien, je vais donc essayer de décrypter sa – longue – conférence sur l’Histoire de France en essayant de voir si, comme le suggéraient ceux qui m’ont indiqué cette prestation, Asselineau est si différent des autres politiciens ou s’il utilise, somme toute, les mêmes grosses et vieilles ficelles.

Attention, notre objet d’étude est long, lisez l’article avant de voir si vous voulez vous infliger ça.

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Pourquoi et comment parler de la Révolution française ?

La Révolution française est une période que tout le monde pense connaître, à travers de grandes images : la prise de la Bastille, la mort de Louis XVI, la Terreur et les flots de sang dus à la guillotine… Mais en réalité, cette connaissance est empreinte de clichés dont raffole d’ailleurs notre culture populaire, comme cela a pu se voir récemment à travers le jeu Assassin’s Creed Unity ou le film Les Visiteurs 3 : La Révolution qui s’en nourrissent allègrement.

Pourquoi cette période est-elle si superficiellement connue ? Tout d’abord parce qu’elle est très dense : énormément de changements s’enchaînent dans cette dizaine d’années et, pendant la plupart de la période, aucun « grand homme » ne domine totalement le jeu politique (d’où l’emphase mise, à postériori, sur le duel Danton-Robespierre par exemple) ; d’autre part parce que cette période est très sensible, tant pour la gauche que pour la droite, et que chacune a créé à son sujet ses mythes qu’il va s’agir de dépasser.

Voilà pourquoi, avant de se lancer dans une grande série d’articles et de vidéos sur la Révolution française, je vous propose cette introduction pour voir de quoi on va parler, et surtout, comment.

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Comment Sarkozy (et les autres) détournent l’Histoire ?

Avec l’entrée dans la dernière phase de la campagne présidentielle (qui, rappelons-le, a, grosso-modo débuté au lendemain de l’élection de François Hollande en 2012), les déclarations de nos hommes politiques se font de plus en plus stupides, notamment en matière d’histoire. Avec la droitisation du PS, recette qu’on a vue ici bien ancienne, mais qui est actuellement menée tambour battant par Manuel Valls et ses alliés ; et même un repli de Jean-Luc Mélenchon vers des valeurs traditionnellement de droite, les sujets identitaires sont à nouveau mis en lumière de tous les côtés, et la foire aux imbécillités historiques ne fait que commencer. Certains, comme François Fillon, s’émeuvent de la colonisation, « partage de culture », tandis que d’autres, à gauche comme à droite, s’écharpent sur une valeur essentielle en ces temps de crise politique, économique et internationale : qu’est-ce donc que l’âme de la France ?

Comme toujours, ce genre de sujet – bien entendu présenté comme crucial – permet avant tout d’éviter de parler de fond, et d’avoir recours à de grandes images porteuses, ce qui est l’objectif premier de tout discours politique (je renvoie à l’excellente vidéo de Linguisticae et Usul sortie après le tournage de la mienne). Pour comprendre comment fonctionnent ces réutilisations de l’Histoire, il semble judicieux de revenir à un cas d’école : la campagne de Sarkozy en 2007, car cette campagne a posé les bases d’un discours désormais universalisé, qui a dès cette époque fait l’objet d’analyses. Mais il s’agira ici de ne pas se limiter à Sarkozy, cible aujourd’hui bien facile, car ces pratiques se sont désormais trop généralisées.

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Venez si vous voulez, mais soyez discrets !

En ces temps où la chaîne et le site sont très silencieux pour cause de fin de rédaction de thèse j’ai, tout de même, voulu prendre quelques temps pour évoquer quelque chose croisé dans mes recherches qui me semble particulièrement précieux à l’heure actuelle. On voit, depuis quelques jours, des injonctions fortes faites aux Musulmans de « rester discrets » dans le contexte actuel ; avec des polémiques sur le « burkini » qui sont avant tout des écrans de fumée destinés à détourner l’attention de bien des failles du gouvernement (mais la technique n’est pas nouvelle : on l’avait déjà vue avec la polémique du voile sous Mitterrand/Rocard).

On me demande souvent sur quoi portent mes recherches, et la réponse (les grandes compagnies de paquebots transatlantiques du début du XXe siècle) semble très éloignée des thèmes politiques que j’ai l’habitude d’évoquer avec Veni, Vidi, Sensi (quoique je me sois amusé à faire une analyse du naufrage du Titanic sous l’angle de la lutte des classes). Mais qui dit début du XXe siècle dit années 1930, et donc fameux « jours les plus sombres de notre histoire ». En étudiant il y a quelques années, pour mon mémoire de master, le cas du paquebot Normandie, je suis ainsi tombé sur une histoire qui devrait nous rappeler une élémentaire méfiance.

Avertissement : ce billet risque de contenir des traces de Babar.
Avertissement : ce billet risque de contenir des traces de Babar.

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D’où vient le Sénat ?

À quoi sert le Sénat ? C’est une question que nous sommes en droit de nous poser quand on saisit son rôle assez minime sous la Ve République, de chambre qui débat mais qui, au bout du compte, n’aura jamais le dernier mot.  Malgré cette impuissance, les sénateurs prennent (presque) leur travail au sérieux, et on les voit régulièrement troller, comme récemment lorsque la droite (enfin, la « droite encore plus à droite que le PS de droite ») a proposé d’ajouter la fin des 35 heures au projet de loi sur le travail. Régulièrement, le Sénat énerve, ou apparaît au contraire comme une sorte de dernier espoir face à une loi qui nous déplait (espoir généralement déçu, d’ailleurs), mais l’Assemblée nationale ayant constitutionnellement le dernier mot, les gesticulations sénatoriales n’ont que peu de portée, semble-t-il.

Alors, le Sénat serait-il totalement inutile ? Cette idée est très tentante, mais pour la mettre à l’épreuve, il faut remonter aux origines de cette « chambre haute », pour comprendre dans quel but elle fut conçue. Pour cela, il faut remonter à la Révolution française.

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Charles Martel et la bataille de Poitiers, de William Blanc et Christophe Naudin

La question du retour en force du « roman national » et des problèmes que cela suscite a déjà été posée sur ce site, notamment lorsqu’il a été question de Stéphane Bern. Je voudrais aujourd’hui m’attarder sur une étude de cas à travers le très bon ouvrage Charles Martel et la bataille de Poitiers, de William Blanc et Christophe Naudin, publié en 2015, et qui revient sur l’historiographie d’un personnage devenu récemment le porte-étendard de l’extrême-droite islamophobe.

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1848, une révolution ratée ?

Lorsqu’on parle en France de Révolution, c’est généralement celle de 1789 qui est mentionnée, appelant avec elle son cortège d’images d’Epinal, des plus glorieuses aux plus violentes. Les autres révolutions connues au XIXe siècle sont généralement ignorées, comme toute la période, du reste, très méconnue en France. Pourtant, la Révolution de 1848 qui donna naissance à la Deuxième République mériterait d’être plus connue, tant elle regorge de leçons pour les mouvements présents et futurs. C’est en effet un bon exemple d’une révolution imprévue, pacifique, et survenue par la récupération populaire d’un mouvement venu des élites, mais c’est également une révolution rapidement récupérée par les conservateurs qui réussirent rapidement à la tourner à leur avantage.

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Quand le PS est passé à droite

L’histoire du temps présent est un exercice difficile, mais de plus en plus reconnu et accepté académiquement : cette histoire très proche est en effet nécessaire à une époque où nous souffrons de plus en plus d’amnésie collective vis-à-vis des actes passés de notre classe politique et médiatique. Bien souvent, nous sommes en effet en droit de nous demander comment un présentateur de JT épinglé pour falsification au début des années 1990 pouvait encore être vu comme grand journaliste dans les années 2000. Comment un politicien chassé par la rue en 1995/1996 peut aujourd’hui être présenté comme le nouvel espoir de la classe politique. Et ainsi de suite. Face à une accélération de l’information, et au phénomène bien naturel du classique « c’était mieux avant », la nécessité de se pencher sur ce passé récent apparaît plus forte que jamais.

Il est néanmoins évident que cet article et la vidéo qui l’accompagnent traitant d’événements récents, aux conséquences encore plus qu’actuelles en ce moment, il serait hypocrite de ma part de dire qu’il sera neutre. Du reste, aucun des propos tenus dans le cadre de Veni Vidi Sensi, sur le site comme sur la chaîne, ne prétend l’être. Cette démarche de retour sur le parcours du PS depuis les années 1981 s’appuie néanmoins sur des travaux de qualité que vous pourrez consulter en sources, en fin d’article. Aussi, si je n’ai pas la prétention d’être ici neutre, j’essaierai au maximum d’avoir été rigoureux.

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La Bombe, d’Howard Zinn

Quand on me demande à quoi sert l’Histoire, je suis souvent bien embarrassé : je connais la théorie, cette discipline nous permet de réfléchir aux erreurs du passé, de ne pas les reproduire. Et, les exemples, même s’ils sont nombreux, peinent à me venir en tête pour bien étayer dans la pratique ce que je veux dire. Avec La Bombe, pourtant, Howard Zinn nous fournit un travail qui montre précisément comment on peut, effectivement, utiliser le passé pour réfléchir sur le présent.

Dans le cas de ce livre, il s’agit de se poser une question cruciale dans le cadre des guerres modernes qui s’enchaînent : les bombardements ont-ils une utilité ou sont-ils au contraire plus nocifs qu’avantageux ?

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