Le Point et la Révolution : au-delà de la couverture choc, un essai d’analyse

Que la Révolution française soit devenue un repoussoir pur une bonne partie de l’opinion publique ne fait plus grand doute. Il est inutile de revenir sur les émissions pour le moins biaisées qu’ont pu produire Stéphane Bern et Franck Ferrand sur le sujet (émissions qui ont été très bien critiquées ici, ici ou encore ), mais le cas du numéro du Point de cette semaine est intéressant à plus d’un titre. En pleine période creuse de l’actualité, été obligé, le magazine nous épargne son habituelle plongée dans l’étude des réseaux de la Franc-maçonnerie ou l’analyse de l’évolution des prix de l’immobilier pour nous promettre de nous révéler « secrets, tabous et épisodes oubliés » : les « fantômes de la Révolution française ».

On pourra trouver l’exercice inutile ; c’est pourtant un cas d’étude particulièrement intéressant de détournement historiographique, mais il est surtout très révélateur de la manière dont le contenu d’une revue et la façon dont il est vendu au public peuvent renvoyer deux images très différentes. En effet, si je m’attendais au pire avec ce numéro et que j’envisageais cet article comme un joyeux jeu de massacre comme je l’avais fait avec Asselineau (ce qui est, reconnaissons-le, toujours un plaisir), j’ai été assez surpris par la direction dans laquelle m’a entraîné ce travail.

La couverture du Point, l’un de ces chefs d’œuvre de nuance qui pullulent chez nos marchands de journaux.

 

La couverture : tout un programme

N’en déplaise à Olivier Pérou, journaliste du Point qui s’est empressé d’appeler sur Twitter à ne pas juger le numéro à sa couverture, face aux critiques qui en étaient faites, nous nous devons de l’analyser, tant la couverture est un élément crucial des magazines qui, généralement, se vendent avant tout par et pour elle. On remarque tout d’abord que la Révolution, sa face obscure tout du moins, est ramenée de façon fort peu originale à l’unique personne de Robespierre. Visage connu, ici en plan suffisamment rapproché pour en renforcer son austérité, il doit être lié immédiatement dans l’esprit des lecteurs à « la Terreur », sous toutes ses formes. C’est ici un standard des productions grand public à tendance contre-révolutionnaire : il faut trouver un responsable des violences, et Robespierre est un coupable idéal. On a pu retrouver cette mise en avant du personnage dans le tristement classique Robespierre, bourreau de la Vendée de Franck Ferrand, mais aussi dans la Une que consacrait en 2011 le magazine Historia à « Robespierre, psychopathe légaliste » (oui…), à une époque où Historia appartenait d’ailleurs à François Pinault, propriétaire du Point. Historia ou éditorialise désormais fréquemment Franck Ferrand. Le monde est donc décidément bien petit, et les clichés tournent vite.

Les titres annoncés en couverture sont également très évocateurs : « De Robespierre à Mélenchon, une histoire de la violence en politique » ; « La malédiction des modérés » ; « Génocide vendéen, le dossier rouvert ». On retrouve finalement ici, dans des formules accrocheuses, les bases des récupérations politiques qui ont déjà été analysées ici, notamment dans les cas de Sarkozy et Asselineau. Les exemples du passé sont décalqués sur le présent (et on a déjà vu ici comment ce procédé était malheureux dans le cas de la Révolution) : Robespierre est superposé à Mélenchon (qui, reconnaissons-le, n’y est pas lui-même étranger tant il revendique le personnage) ; tandis que le magazine se présente comme descendant des « maudits » Girondins qui, comme lui, incarnaient une politique modérée, donc « raisonnable ». Enfin, le côté « ce qu’on nous cache/luttons contre l’Histoire officielle » est incarné par la remise en avant de la thèse du « génocide vendéen » bien chère à la droite.

Ce documentaire reste un des plus grands exemples de ce qu’il ne faut jamais faire en Histoire… Le tout financé par le service public.

Une fois ces constats faits, il faut reconnaître que comme souvent, la couverture est effectivement une version grossie, caricaturale du contenu, et c’est sur lui qu’il convient, désormais, de nous pencher.

 

Les auteurs : un curieux mélange

Qui sont les auteurs des articles ? On retrouve un mélange très hétéroclite, annonciateur d’une qualité tout aussi inégale. On peut en gros les diviser en trois catégories : les journalistes du Point, les historiens universitaires, et les inclassables. Commençons par les premiers. On en retrouve ici deux : François-Guillaume Lorrain, à la base agrégé de lettres et chargé des rubriques histoire et cinéma du magazine, et Saïd Marhane. Lorrain est chargé d’ouvrir le dossier avec un article intitulé « Robespierre n’est pas mort, il divise encore », sur lequel on reviendra. Il rédige aussi des encadrés dans de articles écrits par d’autres, encadrés qui, souvent, s’égarent vers le faux par excès de simplification (plus ou moins volontaire). Enfin, il a compilé les témoignages de la Révolution « vue de l’étranger » qui composent le dernier article du dossier. Marhane, pour sa part, écrit un article réhabilitant l’auteur contre-révolutionnaire Joseph de Maistre… Tout un programme.

Du côté des historiens, la qualité est déjà plus au rendez-vous, mais pas la parité et la multiplicité de points de vue. Patrice Gueniffey, Loris Chavanette et Gérard Béaur ne sont pas des charlatans de la trempe de Stéphane Bern, Lorant Deutsch ou Franck Ferrand. Ils sont très bien intégrés au système universitaire et aux débats qui y ont lieu, et leurs travaux ont une rigueur scientifique indéniable. Passé ce constat, il faut noter que Gueniffey et Chavanette appartiennent à l’école « furétienne », inspirée par les thèses de François Furet, qui sont surtout développées à l’EHESS, qui s’oppose à d’autres courants, souvent plus à gauche. Il ne s’agit pas ici de les disqualifier parce qu’ils sont de droite, mais bien de souligner qu’ils n’incarnent qu’un des courants historiographiques sur la période, de plus en plus minoritaire. Si Gueniffey se distingue surtout par ses travaux sur la période Napoléonienne, pour laquelle il a une claire admiration, il a également travaillé sur la violence révolutionnaire, dans des écrits qui s’inscrivent dans un plus large débat. C’est sur ce sujet qu’il contribue dans le dossier. Chavanette, pour sa part, s’est illustré par sa thèse sur la période suivant la chute de Robespierre, thèse dont a été tiré un ouvrage récemment édité. Ce n’est cependant pas sur ce sujet qu’il écrit ici, puisque ses articles sont consacrés d’une part aux Girondins, et de l’autre au procès de Danton. Enfin, Gérard Béaur est un cas plus particulier : s’il est, lui aussi lié à l’EHESS, ses travaux touchent surtout à la France rurale à cette époque, et il signe ici un article sur la Nuit du 4 août et ses conséquences.

Reste donc l’inclassable, l’interview de Jacques Villemain, présenté comme « diplomate et juriste », chargé de démontrer que les événements de Vendée répondent à la définition moderne d’un génocide. En réalité, toute recherche sur l’interviewé renvoie exclusivement à son ouvrage défendant cette thèse du génocide vendéen, et à des sites conservateurs reprenant cette théorie. Contrairement aux autres, donc, il ne s’inscrit pas dans le débat scientifique et, du reste, débat il n’y aura pas puisqu’aucune contradiction ne lui est opposée.

Cocktail hétéroclite d’auteurs, qui se caractérise néanmoins par un faible pluralisme : comme on pouvait s’y attendre, aucun auteur ayant une approche ancrée à gauche (ou même plus centriste, comme Jean-Clément Martin), ne sera invité. Ceci dit, contrairement à ce que laissait craindre la couverture, l’ensemble n’est pas uniformément mauvais, et c’est justement ce qui rend cette analyse intéressante.

 

Une plutôt bonne surprise en ouverture

Je partais avec un a priori très, mais alors très négatif sur le premier article du dossier « Robespierre n’est pas mort, il divise encore » : de la part d’un journaliste du Point, je m’attendais réellement à un enchaînement de clichés sur le « psychopathe sanguinaire » à donner une érection à Franck Ferrand. En réalité, on sent que l’auteur a bien lu les ouvrages d’Hervé Leuwers, Jean-Clément Martin, Cécile Obligi, Michel Biard, Yannick Bosc et Marc Belissa, qui ont tous récemment publié des ouvrages renouvelant profondément l’historiographie sur Robespierre, et que l’on peut difficilement associer à sa légende noire, bien au contraire. L’article reprend dans les faits les grandes lignes de ces ouvrages en essayant de résumer l’évolution de l’historiographie sur le personnage ; de fait, ce retour historiographique est étonnamment mesuré. Plus surprenant encore dans l’hebdomadaire bien marqué à droite : la citation mise en exergue va jusqu’à parler de Robespierre comme d’un « bouc émissaire » (ce sur quoi, généralement, les historiens s’accordent en ne faisant pas de l’individu Robespierre le seul responsable des violences révolutionnaires). Surtout, on retrouve même un bref encadré sur une figure féminine trop peu connue du grand public, Pauline Léon, engagée à l’extrême gauche dans la Société des républicaines révolutionnaires et proche de qu’on nommait les Enragés. Je dois avouer être franchement surpris de voir une telle figure mise en exergue tant, généralement, les médias lui préfèrent la moins subversive car plus libérale Olympe de Gouges lorsqu’il s’agit de mentionner une femme révolutionnaire. On notera cependant que, Le Point restant Le Point, le titre de l’encadré en fait « L’héroïne de Mélenchon ».

Malgré tout, même si l’article est plutôt nuancé et rigoureux tant qu’il résume – notamment – l’ouvrage de Bosc et Belissa, il n’est pas sans imperfection. Dans sa conclusion, il reconnaît à juste titre que la récupération par Mélenchon de Robespierre (abandonné par les socialistes) est un moyen pour lui de se placer comme seul héritier de la gauche. Mais, au détour d’une phrase, il est précisé que si Mélenchon récupère Robespierre, « il se garde bien d’assumer l’épisode de la Terreur ». Or, comme on l’a dit, Robespierre peut difficilement être vu comme l’unique promoteur des violences révolutionnaires, même s’il y a pris sa part, et que celles-ci sont souvent un point gênant pour les tenants de sa légende dorée. Ce point dans la conclusion est donc discutable, mais pas totalement infondé tant la question de la violence révolutionnaire a souvent tendance à nous embarrasser dans une lecture de gauche de la période.

Le plus gênant est finalement ce qui entoure l’ensemble de l’article. D’une part, la couverture annonçait une étude de la filiation de la violence en politique, de Robespierre à Mélenchon. Cette provocation choisie pour la couverture ne sera bien entendu pas explorée dans le texte : et pour cause, c’est une caricature véritablement trop grossière pour être plus qu’un titre choc. Mais l’article est également pourvu de six petits encadrés donnant la parole à six personnalités politiques supposées représenter tout le panel politique actuel, qui nous donnent leur avis sur Robespierre. Interviennent ainsi Bruno Retailleau, proche de François Fillon, Bruno Gollnisch, cadre du FN à l’ancienne mode, Jean-Christophe Cambadélis, opportuniste notoire, Jean-Luc Mélenchon, en toute logique, Pierre Moscovici et Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille LR. Inutile de dire que seul un est favorable à l’Incorruptible.

Jeu de l’été : parmi nos six amis politiciens, un seul aime bien Robespierre. Sauras-tu trouver lequel ? Attention, il n’y a peut-être pas de piège.

Retailleau voit ainsi en lui le « fossoyeur des idéaux de la Révolution française » ; pour Gollnisch, c’est « l’inventeur de la culpabilité « objective » des supposés contre-révolutionnaires ». Cambadélis, fidèle à lui-même, explique que « Robespierre incarne la Révolution absolue. J’ai toujours pensé qu’il fallait se méfier de tout ce qui se voulait absolu. » Moscovici également, adopte une ligne très « Parti socialiste » et répond sans même mentionner Robespierre que « La justice sociale et la démocratie directe ne peuvent pas excuser la Terreur et l’autoritarisme. » Enfin, Gaudin préfère la couleur locale en le comparant au « conventionnel Fréron, qui voulait boucher le port de Marseille ». Face à ces visions à charge, la vision de Mélenchon selon laquelle « Disqualifier Robespierre, c’est disqualifier la Révolution » se trouve bien marginalisée, d’autant que le lectorat du Point sera naturellement porté à penser l’opposé de ce que dit le leader de la France insoumise. On se retrouve donc avec une majorité de constats sans aucun fondement historique, balancés à l’emporte-pièce, mais mis en exergue, dans des polices plus imposantes et colorées que l’article. Nul doute que ces citations feront plus que l’article lui-même pour forger l’image que le lecteur gardera de Robespierre. De fait, même si cet article est plutôt bon, sa présentation en altère totalement le sens, recette habituelle dans ce genre de magazine. Notons au passage qu’il est difficile de savoir si l’auteur a eu son mot à dire sur ces choix éditoriaux. La même question peut se poser pour les articles suivants.

 

Des travaux d’historiens sérieux emballé dans de la provocation…

Je vais passer ici très rapidement sur l’article de Gérard Béaur sur la Nuit du 4 août et l’abolition des privilèges. Il est en effet clair, revenant rapidement sur les causes de cette abolition, les émeutes paysannes, mais aussi sur les reculs qui la suivent, notamment pour ne pas aller à l’encontre de la « sacro-sainte propriété ». L’article se conclut sur le fait que l’abolition totale des privilèges fut obtenue en 1793 seulement, après une âpre lutte. Du factuel et solide, donc, dans un bon résumé. Là encore, cependant, ce qui entoure l’article prête déjà plus à sourire puisque l’article est introduit par ces mots (venant de la rédaction plutôt que de l’auteur ?) : « Insoumis. Le peuple impose l’abolition des privilèges à la classe politique. Déjà… » Une allusion à l’actualité qui permet de laisser penser au lecteur que le texte sera subversif et lié à l’actualité… ce qu’il n’est à aucun moment !

On l’a vu, Gueniffey, et Chavanette, s’ils ont des opinions opposées aux miennes, ne sont pas pour autant des charlatans. Ce ne sont donc pas tant des énormités historiques qu’ils pourraient proférer qu’il faut se méfier, mais bien des limites de leurs analyses (au même titre, du reste, que je vous ai toujours invités à vous méfier des limites des miennes). Mais ici, contrairement à leurs travaux propres, ces articles répondent à une ligne éditoriale qui est celle d’un magazine politique et d’actualité, pour lequel ils ont dû « marketer » leur contenu. Gueniffey y échappe relativement : son histoire de la violence révolutionnaire, même si présentée en couverture comme allant « de Robespierre à Mélenchon », ne couvre en réalité que la Révolution et ne déborde pas en comparaisons foireuses avec l’actualité. Chavanette a, en revanche, moins de scrupules (ou de chance, si les titres et orientations des articles lui ont été fortement suggérés). Son article sur les Girondins est en effet annoncé comme une ode au centrisme, même si lui aussi ne parle que de la Révolution. Sur le procès de Danton, en revanche, l’auteur n’hésite pas à conclure par une comparaison pour le moins audacieuse : « L’ »assassinat politique » de Danton, par décision de justice, pourrait éclairer la récente affaire Fillon, même si Danton est envoyé à la guillotine, et l’ancien Premier ministre contraint à une retraite anticipée. Légère nuance, on en conviendra. » Toutefois, j’avoue me demander si, en expédiant cette comparaison de façon aussi hâtive et un brin ironique, l’auteur n’a pas cherché à se moquer discrètement de la comparaison qui a pu lui être suggérée par Le Point, tant il semble ne l’assumer qu’à moitié.

 

Du fond, mais sans contradiction

Les articles de Gueniffey et Chavanette sont donc des travaux d’historiens, avec une méthode solide, mais aussi des analyses critiquables, dans la mesure où, comme les miens et bien d’autres, leurs travaux peuvent et doivent appeler à la critique. Habituellement, cette critique se fait dans la controverse scientifique, à travers interventions policées dans des colloques, et échanges d’articles, voire de livres. Or, logiquement, dans le dossier d’un magazine politiquement orienté, la contradiction est absente, de même que la mention d’analyses autres. C’est logique et, reconnaissons-le, d’assez bonne guerre.  Malgré tout, vous savez si vous suivez mon travail que j’ai tendance à essayer d’inciter mon lectorat à aller à l’encontre de ses propres idées reçues (et des miennes, quand c’est possible), ce qui me pousse, notamment dans ma série sur la Révolution ou dans mes critiques d’Henri Guillemin, à me faire l’avocat du diable pour inciter à une certaine nuance. Dans ce dossier, cette nuance est de fait assez absente.

Ainsi, si les analyses de Patrick Gueniffey sur la violence révolutionnaire ne sont pas inintéressantes et parfois fondées (on ne retrouvera pas ici les légendes noires de type « tanneries de peaux humaines » et autres joyeusetés), elles gagneraient, dans le cadre scientifique, à être contrebalancées par le point de vue d’un Jean-Clément Martin, auteur de nombreux travaux sur le sujet qui l’abordent sous un point de vue différent, notamment en replaçant cette violence dans son contexte international, ainsi que dans l’histoire des différentes mesures d’exception prises en temps de guerre.

De même, l’exécution de Danton est, à juste titre, présentée comme fruit d’une manipulation. Oui, même si mon cœur gauchiste répugne à l’admettre, la corruption de Danton ne fut pas la raison de son exécution qui était surtout un moyen pour Robespierre de regagner le cœur de l’extrême gauche après l’exécution des Hébertistes. Hébertistes qui, eux aussi, avaient d’ailleurs été exécutés en usant de ce type de méthode « par amalgame » avec des questions de corruption même si celle-ci n’était pas le motif réel. Mais, justement, l’article de Chavanette ne mentionne pas les raisons réelles de la chute de Danton, ce qui en fait ainsi une victime injuste de l’incorruptible et froid Robespierre. Dommage, sur Danton aussi, une historiographie récente aurait pu permettre des visions nuancées, évitant la légende noire et la légende dorée pour les deux personnages. Enfin, de même, l’article sur les Girondins, toujours de Chavanette, tout en étant factuellement exact, occulte totalement certains des aspects qui ont conduit à leur chute et, avant elle, à leur opposition aux Montagnards, en faisant là encore d’innocentes victimes. En oubliant au passage que s’ils ont finalement été guillotinés par leurs ennemis (quoique certains, dont Robespierre, aient prôné une certaine indulgence à leur égard), ils souhaitaient aux Montagnards le même sort.

Comme je suis frustré de pas avoir été aussi méchant que prévu jusqu’à présent, et pour pas vous endormir, je vous mets une photo d’Asselineau dans une pose de beau gosse. Parce que ça me fait marrer. Et pour voir si ça me vaut pas quelques commentaires gentils.

Finalement, donc, c’est bien le manque de multiplicité des angles et des analyses qui fait le défaut de ce dossier, qui, autrement, ne sombre pas dans les caricatures d’un numéro de Secrets d’Histoire ou de L’Ombre d’un doute. Mais ce numéro du Point perd fatalement à être comparé à celui qu’a consacré L’Histoire, en mars, à la chute de Robespierre, en mélangeant historiens de tendances et point de vue différents (Jean-Clément Martin, Bosc, Belissa entre autres, mais aussi un historien britannique offrant un point de vue peut-être moins passionné) pour aboutir à un convenable juste milieu entre légende noire et légende dorée. Pour tout dire, donc, ces articles me laissent mitigé car, au vu de la couverture, je m’attendais à bien pire. On peut difficilement reprocher au Point de faire intervenir des historiens de droite : il est déjà heureux que ceux-ci ne soient pas les charlatans que l’on trouve parfois. Mon billet est donc loin du jeu de massacre que je m’attendais à faire dans la veine de celui sur Asselineau. Fort heureusement, deux articles vont me permettre de me défouler un coup, malgré tout.

 

Quand on sombre dans la Contre-révolution assumée

Le dossier se termine en effet sur deux articles qui sont ceux destinés à réellement satisfaire le lectorat le plus conservateur du Point. Le premier est une réhabilitation de Joseph de Maistre, auteur catholique contre-révolutionnaire de la fin XVIIIe – début XIXe siècle. Vous ne le connaissez pas ? L’article vous donne un aperçu de son œuvre dans un nuage de citations telles que : « De tous les monarques, le plus dur, le plus despotique, le plus intolérable, c’est le monarque « peuple ». » ou encore « Il y a dans la Révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce que l’on a déjà vu. » Comme Louis de Bonald, autre penseur du même genre et de la même époque, de Maistre est bien connu des étudiants en Histoire qui ont souvent eu à en commenter à l’occasion des extraits, pour saisir l’essence de la pensée de la droite du XIXe siècle. Mais, logiquement, depuis les années 1890 et le ralliement de la droite catholique à la République, la pensée aussi ouvertement contre-révolutionnaire a perdu de son aura.

Joseph de Maistre, un des pères fondateurs de la pensée contre-révolutionnaire. Fatalement, il n’est pas dans le top 50 des figures historiques les plus populaires de nos jours, mais Le Point va réparer cette injustice. Avec des pincettes, quand même : on est pas chez Valeurs actuelles.

Si l’article se fait par moments plus mesuré et ne clame pas clairement son amour de l’auteur, on y décèle des refrains bien connus. Il nous est ainsi rappelé qu’un des hommes politiques actuels s’inspirant de de Maistre est Patrick Buisson, que l’on ne présente plus, et que celle qui incarne le mieux sa pensée aujourd’hui serait Marion Maréchal Le Pen. Rengaine plus connue, celle sur l’auteur occulté, que l’on lit sous le manteau : « Rares sont ceux qui, aujourd’hui, lisent Joseph de Maistre, du moins l’assument, prenant le risque de se voir à leur tour enténébrés, sinon accusés d’être réactionnaires. » nous dit Saïd Marhane. Plus claire encore, l’introduction annonce que de Maistre « sort peu à peu du purgatoire où l’ « historiquement correct » l’avait enfermé ». Le lecteur assidu du Point reconnaîtra sans doute ici l’expression « historiquement correct » chère à Jean Sévillia, qui écume les colonnes du Figaro et les événements mondains pour s’insurger contre la « pensée unique » des historiens. Mais, rassurez-vous, conservateurs, semble conclure l’article : de Maistre est toujours là ! La preuve ? « À Paris, dans le 18e arrondissement, il existe une école ainsi qu’une rue Joseph-de-Maistre, et il n’en est point, pour l’heure, du nom de Robespierre… » Ouf !

Mais le meilleur est encore à venir, avec l’interview de Jacques Villemain sur le « génocide vendéen ». Le principe est simple : juriste et diplomate, Villemain a une obsession, prouver que ce qui s’est passé en Vendée serait qualifié aujourd’hui juridiquement de génocide, en rapprochant les événements de ce qui s’est passé en ex-Yougoslavie et au Rwanda. En termes de pertinence historique et d’anachronisme, ce genre de projet atteint des sommets qui ne sont peut-être dépassés que par la psychanalyse des empereurs romains élaborée à partir de textes écrits 200 ans après leur mort. Pour éluder tout débat, notre juriste commence par évoquer la concurrence historiographique. Il reconnaît que plus personne ne nie la nature criminelle des événements de Vendée. Mais Jean-Clément Martin et l’école que Villemain qualifie de « Jacobine » parlent seulement de crime de guerre : leur point de vue est ainsi balayé. Ils sont « jacobins » (quoi que ça veuille dire), donc disqualifiés. Tant pis, si Jean-Clément Martin est auteur de plusieurs travaux de grande qualité sur le sujet. Même Patrice Gueniffey, qui participe au numéro, ne trouve pas grâce à ses yeux : il ne parle que de « crime contre l’humanité ». Heureusement, nous dit le juriste, les choses changent : « La qualification de « génocide » est clairement minoritaire dans la communauté historienne universitaire, mais elle semble en voie d’enracinement. »

Astuce de pro pour les apprentis historiens qui ne savent pas quoi lire : les livres « pour les nuls » sont aussi souvent écrits par des nuls. Et je ne parle pas d’Alain Chabat. Ça aurait été vachement mieux.

Enracinement de la thèse du « génocide » chez les universitaires ? Cela mérite d’être détaillé, car peu me viennent à l’esprit. Et Villemain de citer d’abord Reynald Sécher, le précurseur (même si relativement grillé dans la communauté scientifique, ce qui ne sera pas dit), et surtout les auteurs de la Nouvelle histoire des guerres de Vendée (Jean-Noël Brégeon) et Les Guerres de Vendée pour les Nuls (sacrée référence… ; par Michel Chamard). Dommage qu’il ne précise pas que tous deux sont de longue date partisans de cette théorie ; que les écrits, notamment historiographiques, de Brégeon ont été démolis par d’autres universitaires (voir par exemple cette critique au lance-flammes par Michel Biard), qu’ils interviennent surtout sur des médias ultra-conservateurs de type Radio-courtoisie ou Breizh Info et que Chamard a longuement été conseiller de Philippe de Villiers, dont le génocide vendéen est un cheval de bataille.

En se débarrassant ainsi de toute concurrence dès la première question, notre juriste se fait porteur d’une parole qui est censée émerger et accéder enfin à la reconnaissance. Des preuves ? Il n’en donne pas vraiment, dit juste qu’elles existent, qu’il faut fouiller en profondeur « des petits papiers ». Technique bien connue de ceux qui ont des sources assez discutables : affirmer qu’elles existent et sont solides, mais ne surtout pas trop s’attarder dessus. Et de toute façon, conclut-il, « il n’y a plus aucun argument qui tienne » pour défendre les thèses inverses. Tellement que, dans le doute, on évitera d’interroger leurs défenseurs pour faire contrepoids. L’essentiel est sauf : le lecteur du Point aura le sentiment qu’enfin, on lui offre autre chose que « l’histoire politiquement correcte » conçue par les vils « gauchistes ».

 

Quand l’emballage est plus significatif que le contenu

Olivier Pérou n’avait pas totalement tort lorsqu’il a écrit sur Twitter en réponse aux critiques : « Si vous vous informez seulement en lisant une Une, c’est bien triste. Lisez le dossier déjà & vous pourrez ensuite critiquer, conspuer, etc. » Comme on l’a vu, à l’exception des élucubrations sur le génocide vendéen, le dossier est finalement beaucoup moins controversé que ne l’annonçait la Une. Une relecture de droite de la Révolution, certes, mais qui ne nous a pas offert les caricatures extrêmes que l’on pouvait craindre. L’article sur l’historiographie de Robespierre est ainsi plutôt juste, et puise ses sources chez des auteurs clairement ancrés à gauche, par exemple. À aucun moment Jean-Luc Mélenchon n’est placé aussi radicalement qu’en couverture dans la continuité de la violence révolutionnaire, par exemple. À dire vrai, il est probable que les historiens invités ne se seraient pas prêtés au jeu s’il avait été aussi caricatural ; or, ce sont eux qui donnent sa crédibilité à l’ensemble, permettant de fait de faire retomber leur légitimité sur la partie la plus discutable du dossier. Ceci est d’autant plus ironique, d’ailleurs, que l’article sur le « génocide vendéen » reconnaît que cette thèse n’est pas approuvée par une des cautions du dossier, Patrick Gueniffey.

Quel que soit la qualité et le degré de nuance du contenu à l’intérieur, il ne fait aucun doute que la Une aura suffi à imposer une certaine image de la Révolution.

J’ai relevé dans mon article assez peu d’erreurs factuelles provenant du dossier. Et pour cause : se poser la question de savoir si un auteur fait « beaucoup d’erreurs », c’est souvent se poser la mauvaise question. Certains en font énormément : Lorant Deutsch, par exemple, les enchaîne. Mais on peut produire un travail sans erreur factuelle et avec une analyse discutable. C’est en fait la base du débat scientifique : souligner les biais des travaux que l’on contredit, puis voir les nôtres soulignés à leur tour. De fait, si on excepte le festival néo-réac en conclusion, le dossier n’est pas de qualité aussi mauvaise que la couverture l’annonçait. Mais justement, la qualité des articles est-elle si importante ?

Aujourd’hui, Le Point, comme la plupart des magazines de son type, traverse une crise : de moins en moins vendu, il est aussi de moins en moins lu. Mais Internet a bouleversé nos modes de communication et de consommation de ce type de média. Si moins de gens achètent le Point, beaucoup plus en voient la Une, qui circule sur les réseaux sociaux, dans les revues de presse, en devanture des kiosques. C’est elle, bien plus que le contenu, qui a un impact large sur le public qui, pour sa majorité, ne verra qu’elle. De même, l’habillage interne fonctionne de la même manière : en assez gros caractères, les titres chocs, des formules caricaturales, les comparaisons avec l’actualité et les interventions d’hommes politiques. Le reste, le fond, plus nuancé à défaut d’être parfait, est somme-toute secondaire car, ce qui restera dans la plupart des têtes de lecteurs, c’est ce qui aura été lu au survol, dans la salle d’attente du médecin ou au relais de la gare en attendant sa correspondance.

 

Cette Une du point reprend finalement bien les recettes de Valeurs actuelles exposées par Gull dans cette vidéo, de façon à peine moins caricaturale.

 

Et c’est là une pratique que Le Point est loin d’être le seul à appliquer : en vendant des titres, des images, des citations qui déforment et caricaturent le contenu, mais qui sont la seule chose que la plupart des lecteurs capteront, le journal imprime un propos tranché tout en pouvant, ensuite, se défendre en incitant – souvent très sincèrement, d’ailleurs – à lire le texte. On peut même supposer – ma bienveillance naturelle me perdra ! – que beaucoup des journalistes qui voient ainsi leurs productions caricaturées par l’habillage de leur journal ou magazine le vivent avec un certain dépit. Reste un constat : entre la couverture et le dossier de vingt pages nettement plus nuancé, que retiendra le grand public ? Nul doute qu’il aura été soit indigné, soit conforté dans ses idées, par la légende noire vendue en tête de produit. Si la qualité intrinsèque de ce dossier est globalement supérieure à un Secrets d’Histoire ou aux élucubrations de Franck Ferrand et Lorant Deutsch (si l’on excepte l’interview vendéenne…) leur effet global me semble en revanche rester le même, un dénigrement de la Révolution comme fondamentalement violent (sans contextualiser cette violence dans le temps et l’espace), un manichéisme dans la présentation des personnages, et une alimentation du cliché selon lequel l’Histoire se répète toujours. Bref, ici, même si j’en suis désolé pour les auteurs, il faut juger le livre à sa couverture…

 

Pour aller plus loin :

Je donnerai à la fin de ma série sur la Révolution une bibliographie plus détaillée mais les thématiques de ce dossier peuvent être contrebalancées, entre autres, par l’ouvrage collectif dirigé par Michel Biard La Révolution française, une histoire toujours vivante (contenant notamment une intervention de Jean-Clément Martin sur la violence révolutionnaire), La Vendée et la Révolution de Jean-Clément Martin ; le récent Danton, le mythe et l’Histoire dirigé par Biard et Leuwers qui contient notamment des contributions sur sa corruption, et sur le contexte de sa chute ; ainsi que l’épais Robespierre de Marc Belissa et Yannick Bosc, véritable bible sur l’historiographie de l’Incorruptible.

27 commentaires sur “Le Point et la Révolution : au-delà de la couverture choc, un essai d’analyse

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  1. C’est marrant (non) mais je me rends compte que si j’ai découvert Ferrand au début, et que j’ai même pensé qu’il faisait des émissions correctes à un moment, c’est sur les conseils de quelqu’un qui faisait une thèse en histoire (bon de l’histoire de l’art sur la XVIIIème dynastie égyptienne, mais quand même).
    Du coup c’est un cas particulier ou alors il y a quand même un nombre non négligeable de gens a priori bien calés en histoire qui tombent dans le panneau ? Cela me surprend d’autant plus en l’espèce que Franck Ferrand a pas l’air particulièrement apprécié des antiquisants qui ont entendu parler du siège d’Alésia (euphémisme dédié à Clément Salviani ^^).

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    1. J’avoue qu’à une époque où je n’avais pas trop creusé et avais dû tomber uniquement sur des trucs où il n’était pas trop biaisé, je ne le trouvais pas mauvais. Puis je me suis documenté. Ceci dit, c’est vrai qu’on se rend plus facilement compte de son charlatanisme quand on a pour domaine de prédilection ses obsessions : Alésia, la Révolution, les complots divers et variés… Je suppose qu’il ne sabote pas assez l’histoire égyptienne, tant mieux pour elle ! 😀

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  2. En gros, tu reproches à un hebdomadaire de ne pas être une thèse de doctorat que personne, à part quelques initiés, n’aurait lue ! Moi, je trouve que c’est tout à son honneur de faire un travail de vulgarisation somme toute à peu près honnête, à t’en croire : c’est grâce à de pareils dossiers que les gens s’intéressent à l’histoire. D’accord, ils font un peu la pute en couverture, mais, s’ils ne le faisaient pas, personne ne les lirait… A quoi servent les bouquins d’universitaires que personne ne lit (à part leurs étudiants) ? Bref, tu lis Le Point avec de mauvaises lunettes : prends un peu de recul, mec, faire de l’histoire, c’est AUSSI la rendre intéressante, accessible aux autres, et pas simplement cultiver l’entre-soi universitaire et fermé sur lui-même. Médite bien cette dernière phrase, si tu souhaites devenir enseignant : c’est la base du métier (conseil de collègue).

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    1. Tu n’as pas du lire le même article que celui que je pense avoir écrit : ce n’est pas DU TOUT ce que je reproche au Point. De la vulgarisation, on peut en faire de la très bonne en étant rigoureux, c’est-à-dire sans faire une couverture mensongère et caricaturale par rapport au contenu, et sans faire intervenir des individus comme leur « juriste et diplomate » qui ont un point de vue totalement marginalisé dans la communauté scientifique, sans aucune contradiction. Je leur reproche donc avant tout de mentir sur la marchandise en sachant pertinemment que la majorité des gens ne verra de leur magazine que la couverture, et que c’est donc elle qui va faire passer des idées caricaturales et fausses. Pas de faire de la vulgarisation : il y en a, fort heureusement, qui en font, et très bien.

      D’autant que j’ai moi-même quitté le monde universitaire justement pour échapper à cet entre-soi et rendre la recherche plus accessible au grand public sur Internet, alors bon, ce genre de conseil…

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      1. Misère ! Tout un article pour conclure que, finalement, ce qui pose problème, c’est l’emballage, le papier cadeau ! Emballe tes cours avec du papier journal : tu verras si ça donne envie.

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      2. Intéressant comme, pour vous, il ne semble pas y avoir d’intermédiaire entre « chiant » et « caricatural et mensonger ». J’ai, personnellement, suffisamment d’estime pour les publics auxquels je m’adresse, que ce soit en cours, en conférence ou sur Internet, pour ne pas m’abaisser à lui mentir ou à caricaturer les faits à seule fin de l’intéresser. Je pense que les gens sont assez intelligents pour qu’on ait pas à utiliser sur eux de basses techniques de vendeurs de lessive.

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      3. On en rediscute quand tu auras devant toi 30 gamins qui n’ont pas voulu être là, qui n’en n’ont rien à cirer de ta matière, qui trouvent que c’est tellement plus marrant de mettre le bordel en cours (c’est très différent du public qui vient ici volontairement parce qu’il est intéressé). Si tu n’arrives pas à les intéresser d’une manière ou d’une autre, tu es mort. Donc, oui provoquer au début c’est nécessaire et salutaire – fut-ce pour déconstruire ensuite cette provocation.

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      4. C’est marrant, j’ai connu ça avec cinquante personnes qui n’ont pas spécialement envie d’être là non plus, dans un TD dont elles ne comprennent pas le but, et où tout le monde ne peut pas tenir dans la salle. Et où, étrangement, dans ces conditions, le bordel peut également venir facilement, surtout quand on a la chance d’avoir le créneau de fin d’aprem. C’est pas pour autant que je les ai pris pour une bande d’imbéciles, bien au contraire. Je pense même qu’éviter ce genre de mépris c’est le meilleur moyen d’intéresser. Chacun son truc. Dans tous les cas, je n’ai jamais prétendu que c’était facile.

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      5. @VVV : je ne vois pas en quoi chercher à intéresser l’auditoire revient à faire preuve de mépris à son égard. Ça n’est pas très sérieux comme raccourci.
        @ Kridox : je ne vois pas en quoi commencer un cours par une provocation revient à faire un enseignement mensonger.
        Si vous avez besoin de caricaturer ce que je dis, c’est que vous avez du mal à le démonter.
        Vous m’avez parfaitement compris : je ne défends pas un enseignement faux, je dis juste qu’il est légitime de scénariser ses cours. C’est comme si vous reprochiez à une bande annonce d’être fallacieuse car elle ne raconte pas toute l’histoire ! Eh bien, un cours réussi, c’est pareil : ça s’introduit pour capter l’attention d’un auditoire rétif. Mais ça ne signifie pas un manque d’exigence intellectuelle par la suite. Pareil pour la couverture d’un hebdo : un dossier rigoureux ne sert à rien si on ne l’achète pas. C’est même grâce à une couverture alléchante qu’on développe les connaissances (au passage, le vrai mépris, il est chez toi VVV quand tu dis que les gens ne vont retenir que la couverture : ça c’est vraiment méprisant).
        P.S. Cinquante étudiants, ça n’a rien à voir avec 30 collégiens.

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      6. Plus honnête pour l’auditoire que vous avez en face de vous. Si vous commencer à leur enseigner le paraître plutôt que le contenu, on est mal parti.

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      7. Oh si Laurent, je t’assure qu’on peut être bien pire que des collégiens …

        D’ailleurs en L1 y’en a même pas mal qui ont un niveau en Histoire bien plus faible que des collégiens, et qui sont tout aussi insupportable ( D’autant plus le Jeudi soir )

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      8. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas : je n’ai jamais vu un étudiant se roulant par terre en criant, pendant qu’un autre tente de mettre le feu à la salle et qu’un autre plante son compas dans la main d’un camarade, ou s’amuse à mettre le feu aux cheveux de sa voisine de devant. Je n’invente rien, c’est du vécu. Tu n’imagines même pas ce qui peut se passer dans certains collèges où on ne fait pas cours mais de la garderie

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      9. Peut-être alors que j’étais dans un bon collège …
        Ou que vous n’êtes pas un prof’ respecté ( en supposant que vous soyez respectable ) 🙂

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      10. Ne t’inquiète pas pour moi : je suis prof en lycée, en prépa et à la fac et je n’ai aucun problème de discipline, quel que soit le niveau. Mais je n’hésite pas à scénariser les cours, à les mettre en scène, à relancer l’attention par des anecdotes, bref à faire la pute, ce qui ne signifie pas pour autant que je renonce à l’exigence intellectuelle, mais je ne vois pas pourquoi il faudrait opposer les deux. La provocation, l’approximation, l’à peu près, à partir du moment où ils sont au service du savoir et ne constituent qu’une première approche, sont parfaitement légitimes.

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  3. Sur le plan idéologique, nous sommes bien plus les héritiers de la contre-révolution que des révolutionnaires eux-mêmes… j’avais chopé ça dans une vidéo de Sophie Wahnich, et plus ça va, plus ça me parle comme grille de lecture des diverses aberrations anhistoriques qu’on peut voir et entendre un peu partout. En tout cas, une chose est sûre (et ça c’est pour répondre en partie à laurent^^) un journal avec une couverture à ce point mensongère et irrespectueuse de la capacité de compréhension de ses lecteurs, je ne l’achète pas.

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  4. Ping: En vrac
  5. Laurent: en fait, je trouve vos commentaires étonnants. Non seulement parce que vous taclez Histony sur la nécessité de vulgariser (ce qu’il fait depuis un moment, et à mon sens très bien, sur sa chaîne youtube et ce site) mais aussi parce que ce que vous expliquez de votre pédagogie montre bien que vous ne faites en réalité pas vraiment la même chose que le journal Le Point: appâter puis rentrer ensuite dans le détail, ce n’est pas la même chose que coller à un discours périmé depuis 20 ans, puis proposer un article mensonger à la limite de l’insulte aux faits (le génocide vendéen) puis deux visions d’historiens dont les thèses critiquables sont présentés sans contexte ni contradictions, le seul article véritablement correct étant celui sur Robespierre. Vulgariser ce n’est pas équivalent à mépriser son public, et ça je pense que vous le savez (puisque, c’est assez clair en décryptant vos écrits, vous ne prônez pas le simplisme au détriment de l’exigence intellectuelle)

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