« Des gens sont morts pour que tu votes ! » Est-ce si vrai ?

Nous sommes de plus en plus nombreux à faire le choix de la pêche à la ligne les dimanches où tout le monde se rend à l’isoloir, dépités par un monde politique qui ne nous semble plus vraiment adapté à la volonté populaire. Ayant eu la chance de co-écrire l’épisode de Doxa sur la démocratie (malheureusement plus actuel encore qu’à sa sortie), je ne vais pas cacher mes positions abstentionnistes en la matière.

Mais s’abstenir, aujourd’hui, c’est se heurter à plusieurs critiques plus ou moins étayées de ceux qui continuent à croire à l’utilité de leur bulletin. Je ne m’étendrai pas sur l’argument du « ton abstention fait monter le FN », déjà maintes fois démonté, en premier lieu par les actes de la classe politique actuelle. Il est en revanche une répartie totalement stupide contre laquelle mon expérience d’historien peut vous fournir des arguments : le fameux « mais enfin, des gens sont morts pour ça… Donc il faut voter ! » Déconstruisons cette idée.

Voter : est-ce encore un acte engagé ?
Voter : est-ce encore un acte engagé ?

Les morts sont tous des braves types…

Le premier argument, particulièrement puissant, est également à haut potentiel trollesque. Supposons en effet que des gens soient bien morts pour le droit de vote et restons dans le vague sur cette affirmation pour l’instant. Soit. Mais quelle cause n’a pas vu de gens mourir pour elle ? Par égard pour les légionnaires romains morts à Teutobourg, devons-nous reformer l’Empire ? Puisque de jeunes allemands, nazis convaincus, ont sacrifié leur vie pour défendre Berlin assiégée, nous devrions un certain respect à leurs idées ?

Autres personnes mourant pour leurs idées. Reste à savoir qui a raison parmi elles.
Autres personnes mourant pour leurs idées. Reste à savoir qui a raison parmi elles.

Le procédé peut vite tourner au ridicule : dans le cas d’une guerre, par définition, des gens sont morts pour des causes diamétralement opposées. À laquelle doit-on le respect ? Que dire, d’ailleurs, de ceux qui ont courageusement sacrifié leur vie contre l’idée même de démocratie ? Car si des gens sont morts pour le vote, d’autres sont également morts contre : qu’en dire alors ? Mourir pour des idées, nombreux sont ceux qui l’ont fait. Il est peu certains que tous soient aussi respectables à nos yeux : je ne suis pas de ceux qui loueront l’héroïsme de Dominique Venner, qui s’est suicidé en plein Notre-Dame pour protester contre le mariage pour tous, la décrépitude des valeurs de la France et autres idées du même acabit. Si, véritablement, toute cause pour laquelle on meurt, devrions nous alors, en toute logique, honorer la mémoire de ceux qui se sacrifient pour les sombres desseins de Daesh ? Cela me semblerait, pour le moins, peu souhaitable.

En tant qu’historien, on est vite obligé d’accepter de mettre de côté ses propres convictions lorsqu’on analyse le passé : c’est un sujet récurrent ici. Cela signifie également de comprendre que le mal a pu, par le passé, être fait par des gens qui croyaient en toute sincérité faire le bien, et donc sortir de ce manichéisme que je reproche tant à Henri Guillemin. Or, faire cela, c’est comprendre que bien des gens ont sacrifié en toute sincérité leur vie pour des idéaux que nous ne pouvons en aucun cas cautionner. Que des gens soient morts pour une cause n’est donc pas gage d’honorabilité. Sur un plan purement logique, l’argument selon lequel « des gens sont morts pour que tu votes » ne tient pas. Qu’en est-il sur le plan historique ?

 

Des gens sont morts pour le vote : pendant la Révolution ?

L’histoire du droit de vote est une chose longue et complexe, essayons donc de la centrer sur le suffrage universel. Masculin, la plupart du temps (ce qui, en soit, remet en question la notion même d’universel, mais passons : les choses vont être assez compliquées ainsi). Le suffrage universel, même limité aux hommes, n’était déjà pas en soi quelque chose de logique. Les Révolutionnaire de 1789 étaient loin de le privilégier. L’idée était à l’époque que l’exercice de la politique, et par extension, le vote, nécessitait une certaine éducation. Et quel meilleur moyen de vérifier que quelqu’un est assez instruit que d’étudier ses revenus ? On considérait à l’époque, et ce serait le cas pour plus de cinquante ans, que la richesse était synonyme de responsabilité, et donc de compétences. Fort heureusement, de nos jours, les choses ont bien changé : les riches ne sont plus les seuls à voter (ils sont par contre les seuls à être élus, mais n’entrons pas dans les détails inutiles !).

En août 1792, cependant, le peuple parisien légèrement remonté par le manifeste de Brunswick craint une trahison de Louis XVI et le renverse. En urgence, il est donc décidé de mettre en place un nouveau régime, républicain cette fois-ci. Une nouvelle assemblée doit être chargée d’en préparer la constitution : la Convention, et il est décidé de l’élire au suffrage universel masculin début septembre. C’est une véritable révolution dans la mesure où, neuf mois plus tôt, venait d’entrer en vigueur une constitution mettant en place un régime de monarchie constitutionnelle où ne votaient que les plus riches.

N’idéalisons néanmoins pas ces élections : elles se déroulent en effet dans un climat de tensions extrêmes, avec une population parisienne aux abois et des armées d’invasion en approche, et la participation y reste terriblement basse (11% environ) : c’est une constante de la période, quel que soit le type de suffrage. Rapidement dominée par les Montagnards (pour simplifier à l’extrême en attendant d’en parler plus largement : les forces de gauches liées à la population parisienne, notamment représentées par Robespierre, Danton, Marat…), la Convention se met à rédiger un texte constitutionnel : la Constitution de l’an I.

La Constitution de l'an I est probablement le texte constitutionnel le plus démocratique de la France. Elle ne fut jamais appliquée. (Lire en ligne)
La Constitution de l’an I est probablement le texte constitutionnel le plus démocratique de la France. Elle ne fut jamais appliquée. (Lire en ligne)

Ce texte, promulgué à l’été 1793, est sans aucun doute possible la constitution la plus démocratique qu’ait connue la France : suffrage universel masculin, maillage assez fort d’assemblées locales ayant un impact sur la préparation des lois, exécutif faible, nombre de droits garantis et, surtout, droit (et devoir) d’insurrection contre le pouvoir si celui-ci outrepasse ses droits. Oui : alors que notre loi actuelle nous force à demander l’autorisation pour manifester notre mécontentement, les Montagnards voulaient donner au peuple le devoir de se rebeller contre un gouvernement trop pressant.

Cette constitution ne fut néanmoins jamais appliquée : la France était alors en guerre tant intérieure qu’extérieure, ce qui nécessitait des actions rapides totalement contradictoires avec la mise en place d’un régime si ambitieux. Le texte fut donc repoussé, en attente de la paix. La chute de Robespierre, en juillet 1794, et de fait, la fin des Montagnards, scella le sort de cette Constitution. Si des gens ont pu mourir, à cette époque, pour le suffrage universel, ce seraient donc Robespierre et ses alliés. Mais leur combat était bien plus vaste et impliquait de profondes modifications sociales, bien éloignées du simple « choix du meilleur candidat parmi une liste déterminée ».

Dans tous les cas, la chute de Robespierre marqua l’émergence d’une nouvelle force hétéroclite, les Thermidoriens, plus modérés, et qui œuvrèrent à la mise en place du Directoire, régime conçu par et pour la bourgeoisie, avec retour du suffrage censitaire et création de l’ancêtre de notre Sénat, le Conseil des Anciens, à l’origine d’une aberration démocratique dont nous parlerons un jour.

 

Après la Révolution : le suffrage pour tous, c’est bien pratique

L’arrivée de Napoléon Bonaparte au pouvoir en 1799 vit le retour du suffrage universel (masculin) : le Premier Consul et futur Empereur avait bien compris l’intérêt d’une voix populaire judicieusement guidée, et eut recours (comme ensuite son neveu) au plébiscite pour affirmer sa politique autoritaire. Il expérimentait là quelque chose qui se vérifie de nos jours encore : associé à une bonne propagande ou, du moins, à de bons réseaux d’influence, le suffrage universel est un moyen radical de donner une fausse légitimité au pouvoir. Du reste, les institutions démocratiques de l’Empire ayant un pouvoir plus que limité, les votes n’avaient en temps normal qu’un impact réduit.

Sous la Restauration, de 1814 à 1830, le suffrage redevint censitaire et limité à ceux qui pouvaient payer l’énorme somme (pour l’époque) de 300 francs. Il est intéressant de voir qu’à l’époque, les plus fervents défenseurs d’un suffrage très élargi furent… ceux qui étaient plus royalistes que le roi, et lui reprochaient sa modération. Ils avaient bien compris, en effet, que les populations paysannes (représentant la majorité du pays) étaient facilement soumises aux notables et aux clergés locaux, et qu’il était donc très facile de profiter d’elles. C’est ainsi qu’au début du régime, les ultra-royalistes purent réellement troller en proposant un abaissement du cens à 50 francs, dépassant de loin les attentes de la gauche de l’époque.

Cet usage fut par la suite constant : lorsque le suffrage universel (toujours masculin) fut adopté pour la Deuxième République, en 1848, les élections virent une victoire massive des conservateurs (souvent à tendance royaliste) puisque, pour la première fois, les campagnes pouvaient parler. Alors que les populations ouvrières de Paris étaient très politisées, les populations paysannes se sont majoritairement contentées de suivre l’avis de notables, comme ceux-ci s’y attendaient. Quelques années plus tard, lorsqu’il transforma la République en Empire, Napoléon III comprit également l’utilité du suffrage universel habilement dirigé. Ce fut le début des grandes campagnes politiques visant à assurer la popularité d’un individu pour défendre sa politique, mais aussi du renforcement de méthodes plus ouvertement douteuses, comme le principe de la « candidature officielle ».

Désigner le candidat ayant la faveur du pouvoir et lui donner plus de moyens a longtemps été une pratique courante.
Désigner le candidat ayant la faveur du pouvoir et lui donner plus de moyens a longtemps été une pratique courante.

En 1870, le choix du suffrage universel pour la IIIe République s’imposa à nouveau, sauf pour l’élection du Président de la République. La gauche craignait en effet que cela ne serve qu’à encourager l’émergence d’un nouveau dictateur ayant fait l’objet d’une promotion soignée. C’est avec connaissance de ce passé qu’il faut lire les doutes de la gauche qui protesta, dans les années 1960, contre le rétablissement du suffrage universel à l’élection présidentielle par un De Gaulle qui rappelait par certains aspects Louis-Napoléon Bonaparte.

Dès la Troisième République, néanmoins, la plus grande partie de la classe politique, royalistes inclus, avait saisi l’utilité du suffrage universel. Non seulement la population est manipulable (c’était encore plus vrai à l’époque où le vote n’était pas secret), mais en plus, en élisant ses représentants, elle devient responsable de leur politique, et a donc beaucoup moins de raisons de se rebeller. Ceux qui ont voté Hollande en 2012 en savent quelque chose…

 

La route vers le suffrage universel a-t-elle tué ?

Le suffrage universel (masculin) a donc été adopté pour la première fois en 1848. Cette révolution, peu connue, mérite qu’on s’y attarde (et on le fera probablement dans un prochain VVS) : elle fut en effet très rapide, et le sang ne fut que peu versé. Le fait que la garde nationale soit restée neutre durant les événements a certainement joué, et le nombre de morts de la Révolution de 1848 est bien inférieur à celui des gens qui furent tués sur les barricades quelques mois plus tard, lorsque le gouvernement conservateur revint sur sa politique sociale. Cette fois-ci, donc, les gens ne moururent pas tant pour le suffrage universel qu’à cause de ceux qu’ils avaient élus grâce à lui. Paradoxe…

Les journées de juin 1848 (vues, ici, par Horace Vernet) ont vu bien plus de gens mourir pour leurs droits sociaux que n'avaient péri de gens pour le suffrage universel, quelques mois plus tôt.
Les journées de juin 1848 (vues, ici, par Horace Vernet) ont vu bien plus de gens mourir pour leurs droits sociaux que n’avaient péri de gens pour le suffrage universel, quelques mois plus tôt.

De même, lorsque le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte fit son coup d’État, bien peu nombreux furent ceux qui, dans les classes populaires, se dressèrent pour soutenir une République qui les avait totalement déçu. Le passage à l’Empire autoritaire se fit dans une douceur, certes relative, mais assez nette pour être soulignée. Ceux qui critiquent les abstentionnistes devraient d’ailleurs se souvenir de cette leçon : ce n’est pas l’irresponsabilité de ceux qui détournèrent le regard qui est en faute, mais celle de ceux qui les avaient déçus.

Il serait néanmoins malhonnête de dire que personne n’est mort pour le suffrage universel. Jusqu’à 1848, plusieurs émeutes, parfois violentes, tentèrent d’établir une République abolissant le suffrage censitaire, et toutes échouèrent dans le sang (l’une d’elles est d’ailleurs mise en scène de façon spectaculaire dans Les Misérables, de Victor Hugo : le soulèvement de 1832). Mais cela ne doit pas cacher que le suffrage universel fut finalement l’œuvre des élites, qui, très vite, l’adaptèrent à leurs besoins.

L'isoloir a été une conquête longuement attendue par les forces de gauche, protestant contre les pressions dans les bureaux de vote.
L’isoloir a été une conquête longuement attendue par les forces de gauche, protestant contre les pressions dans les bureaux de vote.

Il y eut néanmoins des luttes pour en tirer le meilleur : la conquête de l’isoloir en fait partie. Il faut ainsi souligner le courage des ouvriers qui bravèrent sous la Troisième République le regard de leurs collègues pour voter contre le candidat officiel, au risque de se faire démolir ensuite par des hommes à la solde du patron. Ce n’est en effet qu’en 1913 que le bulletin secret fut enfin acquis.

De même, la lutte pour le suffrage des femmes doit être retenue (on y retrouvera d’ailleurs une longue obstruction de ce cher Sénat). Néanmoins, ces luttes concernaient plus l’égalité des droits que le suffrage lui-même et, pour le coup, ce combat pour l’égalité est loin de s’être arrêté avec la loi de 1944, n’en déplaise à ceux qui croient qu’avec le droit de vote, la parité totale fut atteinte. Il n’en reste pas moins que, du fait de cette longue lutte, les femmes abstentionnistes d’aujourd’hui peuvent se voir reprocher de faire honte à la mémoire des suffragettes en plus de celle de « ceux qui sont morts pour le vote ».

 

Repenser le vote, aujourd’hui

Les schémas décrits plus hauts sont encore vrais aujourd’hui : le suffrage universel est une arme merveilleuse pour un pouvoir politique et économique qui peut facilement guider la ligne directrice des médias. La grand’messe du 20 heures a remplacé celle du dimanche, mais les moyens d’influence sont toujours aussi forts. Ils sont même renforcés par le jeu des sondages, dont il est aisé de comprendre l’utilité politique. Les expériences en psychologie permettent en effet de voir à quel point ce genre de « classement » peut jouer un rôle. De même, des études récentes nous prouvent qu’un simple changement du référencement des articles par Google peut changer jusqu’à 20 % des intentions de vote. Tout cela ne peut que nous appeler à une méfiance renforcée, dans la mesure où nous ne choisissons jamais ceux pour qui nous aurons la possibilité de voter.

Ceux qui se sont battus pour le droit de vote n’espéraient certainement pas un système aussi facilement détourné : ils auraient certainement été les premiers à le critiquer et vouloir le pousser plus loin. Or, qu’est-ce que l’abstention, sinon contester un système de vote qui ne remplit pas ses objectifs ? En appeler à la mémoire des morts est illusoire, dans un cas comme dans l’autre, car ils sont morts, et nul ne saura jamais quel comportement ils auraient attendu de nous… S’ils en avaient attendu un.

Que ce soit pour s’abstenir ou pour voter, les arguments de fond existent et gagneraient à être utilisés. Celui, purement émotionnel, du respect dû aux morts, me semble en revanche totalement fallacieux. Chers votants, s’il vous plaît : si c’est là votre seul argument, abstenez-vous (de l’utiliser, tout du moins).

39 commentaires sur “« Des gens sont morts pour que tu votes ! » Est-ce si vrai ?

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  1. J’ai appris beaucoup de choses inconnue pour moi ici. Je me doutais certes qu’il y avait sûrement quelques contre vérité, mais j’ai vraiment appris. Cependant je sais pourquoi je vais voté dimanche et ce n’est pas parce que des gens sont mort pour ça.

    Sinon, quel sera le sujet de la prochaine vidéo ?

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    1. Je pense effectivement qu’il y a plein de bonnes raisons de vouloir voter (ou de ne pas vouloir le faire), et donc il me semblait important de démonter cet argument totalement bidon pour que les débats puissent être plus constructifs.

      On est en train de travailler sur la prochaine vidéo (déjà tournée, reste maintenant le gros travail de montage…), ce sera sur un sujet qui nous a été inspiré par l’actualité, mais je n’en dis pas plus pour l’instant ! On préfère rester discrets tant que les projets ne sont pas terminés et publiés, au cas où on devrait/voudrait changer de direction. 🙂

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      1. J’ai personnellement trouvé l’article assez mauvais, long et plutôt méprisant.

        On ne légitime pas une cause par la contestation benoite d’un droit acquis aussi fondamental que celui du droit de vote et de son corollaire, aller voter.

        Oui des gens sont morts pour nos droits et dire que d’autres sont aussi morts pour le nazisme ce qui impliquerait que tout combat est du même niveau est d’une rare idiotie.

        Au-delà de la mort, et oui des gens sont morts pour le droit de vote et meurent encore, aujourd’hui, dans le monde, pour jouir de cet avantage démocratique sur lequel vous bavez, il y a la volonté de donner voix à toutes et à tous.

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      2. Le vote donne t-il réellement une voix à toutes et à tous ? On est en réalité en droit de se le demander. Le vote est, dans le système actuel, un chèque en blanc donné à des candidats qui n’ont pas été choisis par les électeurs et qui se retrouvent, de façon systémique, à appartenir à certaines catégories sociales de façon quasi-exclusive. Voter, ce n’est pas s’exprimer, c’est juste choisir une des options qui ont été définies par d’autres.

        La liberté, ce n’est pas opter pour le plat que l’on préfère (ou que l’on déteste le moins) parmi ceux qu’on nous propose. Être libre, c’est pouvoir participer soi-même à la confection du plat qui nous semble le meilleur.

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      3. Bonjour,
        je partage votre point de vue sur le sujet. Je reste souvent surpris des réponses (parfois agressives) lorsque j’annonce à certain que je n’irais pas voter.du même style que « des gens se sont battus pour ça », ou encore » si tu vote pas,alors ne vient pas te plaindre après » comme si le vote donnait une légitimité aux citoyens malheureusement ceux qui ont votés et sont déçus par la suite,peuvent toujours aller « gueuler » ça ne changera rien ils ne seront pas plus écoutés pour autant.
        On joue beaucoup sur le fait que le vote est un droit mais aussi un devoir. Je dirai que l’abstention est un droit point.Le devoir regarde chacun au vu du sens qu’on lui porte.
        Quant au vote blanc,je trouve incroyable qu’on puisse dire à des gens « allez voter,votez blanc si vous voulez mais votez ! Autrement dit: votez pour personne ou ne pas voter je ne vois pas l’intérêt,sinon celui d’avoir ce sentiment d’avoir fait son « fameux »devoir qui fera de vous quelqu’un qui rentre dans le rang.

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  2. Salut !
    Merci pour cet article. Je reste votant « convaincu », si j’ose dire, mais j’ai toujours été agacé qu’on incite les gens à voter, et non à s’intéresser au politique, et de décider ensuite par eux-mêmes s’ils veulent voter ou non.

    Par contre, une horreur s’est, il me semble, glissé dans votre analyse. Vous dites que 20% des votes sont influencés par Google. Si j’en crois l’article que vous avez mis en lien, ce n’est pas le cas.
    Je cite : « La proportion de personnes soutenant un candidat peut ainsi être facilement augmentée de 20% – voire jusqu’à 80% dans certains groupes démographiques. »
    Le nombre de personnes soutenant un candidat peut être augmentée de 20%… ça ne veut pas dire de 20 points ! C’est-à-dire, si un candidat qui avait disons 30% à la base, est placé premier sur google, une augmentation de ses soutiens de 20% l’amène à un soutien de 36% (augmentation de 6 points = 20% de 30%). Il y aura donc alors une modification des votes de « seulement » 6% des votes.
    C’est déjà beaucoup, mais vous donnez un pouvoir à Google bien plus grand que ce que cette étude pense démontrer ^_^

    Après avoir regardé plus précisément la méthodologie de l’étude, celle-ci précise qu’elle porte uniquement sur des électeurs indécis. C’est donc d’autant plus faux : il s’agit en réalité d’une augmentation des soutiens pour un candidat de 20% chez les électeurs indécis. Reste à connaître la proportion « d’électeurs indécis »…

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    1. Merci pour cette correction sur le coup de Google, je suis totalement fautif sur ce coup là… D’autant qu’on est dans les balbutiements de la recherche en ce qui concerne l’influence potentielle d’internet. Ce qui peut en revanche inquiéter, c’est la non transparence totale qui régit les algorithmes de Google et Facebook. Dans la mesure où on ne connaît pas leur fonctionnement, et où ils est certain qu’ils peuvent avoir un impact (même réduit), c’est assez inquiétant. Surtout pour Facebook qui pourrait très bien jouer sur l’effet mouton, en faisant par exemple apparaître plus souvent des publications favorables à tel ou tel candidat. De ce point de vue, Internet tel qu’il existe, monopolisé par des entreprises au fonctionnement assez opaque, pourrait être un outil terrible…

      Je pense que ce pouvoir est à cumuler avec celui déjà connu des grands médias (notamment dans le cas de Google Actu, qui ne fait que les recentrer), et dont la partialité à l’égard de certains courants a été maintes fois démontrée. Après, comme toujours, chercher à influencer, ça peut se retourner contre l’influenceur, comme on l’a vu en 2005…

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    1. Merci pour cet article !!
      Je pense que les pétitions ne seront d’aucune utilité. Déjà que les référendum sont déboutés ( pour le traité de Lisbonne en 2005, les français ont voté non et par une pirouette légale le président de l’époque NS la quand même fait vote à l’assemblée)
      Alors une pétition ….

      Mais cherchez un peu, ça va pas être compliqué avec internet, un SEUL homme politique demande la reconnaissance du vote blanc.

      Si le vote blanc arrive en tête du suffrage, tous les concurrents sont éliminés et on recommence 3 mois plus tard.

      Tout ça pour dire que les pétitions n’aboutiront pas, un vote peut être .

      Merci pour ce site !!

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      1. Le vote blanc est décompté mais pas pris en compte, si le vote blanc venait à être en tête il ne se passerai…tarataboum tabouuum rien du tout. Donc autant ne pas bouger son derrière.
        Ajoutons à cela que le vote 3 mois plus tard ça ne nous apporte rien, ce sera toujours les mêmes candidats et toujours les mêmes partis. Pas de grand intérêt en perspective…

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  3. Si je comprends bien, vous vous abstenez de voter pour des représentants qui, de toute façon, vous décevrons.
    Est-ce l’idée de «  » »démocratie » » » représentative qui vous gêne ? En fait, je serai assez curieux de savoir s’il a existé durablement une forme de démocratie (directe) ailleurs qu’à Athènes et si elle pourrait être viable dans un pays de 65 millions d’individus.
    Je suis convaincu que nous ne sommes pas en démocratie. Cependant je garde l’espoir d’un possible changement…. par le vote.
    Je suis plus réformiste que révolutionaire…. Ça doit être l’âge !

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    1. Très clairement, une réflexion sur de la démocratie directe ou, en tout cas, des formes plus représentatives nécessitera de grands changements dans la façon de penser l’Etat et ainsi de suite. Sûrement partir d’assemblées plus locales, notamment. J’ai par contre le plus grand des doutes sur le pouvoir du vote dans la mesure où nous n’avons pas le moindre contrôle sur nos représentants durant leur mandat. Quand bien même nous élirions quelqu’un pour réformer le système… rien ne l’obligerait à s’y tenir. Il pourrait, lui aussi, nous faire le coup du « c’est pas ma faute, mais ».

      Après, clairement, cet article ne cherche pas à faire le plaidoyer pour l’abstentionnisme (même si je ne me cache pas d’avoir participé à la rédaction de tels plaidoyers !), mais surtout à déconstruire un argument trop souvent entendu. Je pense qu’il y en a de beaucoup plus valables pour défendre le fait de voter, d’où ce billet !

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    2. « Fallait-il dire aux étudiants que leur souci était naïf [trouver la solution idéale], parce que le monde n’est pas gouverné par la raison, qu’ils s’en apercevraient bientôt et qu’eux aussi en prendraient leur parti ? Moins à cause de leur jeune âge que par le fait de n’occuper aucune place définie dans la société, ils se situent spontanément au niveau d’une appréciation globale et libre, formulée dans l’intérêt de la collectivité entière. Ils n’ont pas subi la localisation, la réduction que la vie impose et qui limite chaque personnalité au petit domaine qui en fait dépend d’elle. A ce moment, dans la masse d’institutions et d’abus plus ou moins équilibrés qui forment la société, ils auront trouvé quelque niche pour abriter leur famille, leur profession, leurs soucis et leurs buts. Ils ne jugeront plus ni réaliste ni opportun, mais peut être vaguement ridicule, de remettre en cause l’architecture générale à laquelle ils seront accoutumés. Ils préfèreront les aménagements de détails, objectifs concrets, les vérités partielles et techniques, d’un rapport bien plus sûr. […] En fait, sans mérite, par une grâce d’état toute provisoire, ces étudiants adoptaient un point de vue qui correspond pleinement à l’idéal du citoyen. L’observation qui précède aurait fait ressortir à l’encontre, non pas une meilleur sagesse acquise par l’expérience, mais une démission peu glorieuse du sens civique et de l’intelligence politique. »

      Tiré de « études sur la théorie démocratique » de –René de Lacharrière-

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    3. Je te conseille de lire « Principe du gouvernement représentatif » de Bernard Manin. Dans ce livre on en apprend beaucoup sur la démocratie et sur le tirage au sort et l’élection qui sont comparés. Il parle d’ Athenes, mais aussi de la République romaine et des républiques Italiennes du moyenne âge (Venise, Florence…). Dans la penser politique on a, jusqu’à il n’y a pas ci longtemps, systématiquement associé tirage au sort et Démocratie, élection et Aristocratie.

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      1. Je fais parti du collectif citoyen #MAVOIX, qui vise à faire élire des députés qui suivraient, pour chaque loi, les votes des citoyens exprimés sur une plateforme en ligne.

        L’idée est donc, sans changer de processus législatif, de permettre de donner une voix à tous. Et plus généralement de réfléchir à ce que pourrait être la démocratie au 21ème siècle.

        Je vous suggère de consulter le site Internet si vous souhaitez en savoir plus : http://mavoix.info.

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    4. La démocratie athénienne doit ceci-dit être pondérée par le fait que seuls les citoyens pouvaient voter, ce qui excluait les esclaves, les étrangers et les femmes.

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  4. Un commentaire  » féminin  » c’est vrai que le symbole  » suffragette  » plane dans nos isoloirs et en témoigne encore plus l’Arabie saoudite aujourd’hui qui arbore le bulletin mixte brandie par une femme …..Amplement voilée…..En signe de progrés et c’est le seul….Où faire entrer le sujet  » abstentionisme  » dans ce commentaire ???

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  5. Bonjour,

    c’est article est très bien et montre bien que le principal problème de la démocratie est qu’une grande partie de l’électorat possède un sens critique et de l’analyse quasi-nul.

    En revanche une de ses principales qualités si on peut dire, c’est que statistiquement si tout le monde vote, on obtient une belle gaussienne centrée au centre, laissant les extrêmes très faible. Cette statistique n’échappe pas au fait que plus on diminue le nombre de votants, plus le maximum de la gaussienne a de chances de se déplacer d’un côté ou de l’autre, dans les deux cas vers un extrême… jeu dangereux qu’une démocratie dans laquelle 11% de la population vote : nous l’avons vu par le passé, cela bénéficie principalement aux « ultra-royalistes » du 19eme.

    Le modèle démocratique, particulièrement noyé dans une économie capitaliste, n’est donc peut être pas, tout simplement, le bon modèle. A moins de retourner à une sélection des électeurs, cette non pas sur leur bourse mais sur leur capacité à recevoir une information et à l’analyser. Pas facile…

    Un détail m’a un peu choqué : « Ceux qui ont voté Hollande en 2012 en savent quelque chose… ». Si il y avait un président de la 5eme république à citer comme la pire catastrophe tant pour l’économie, que pour la politique étrangère, l’enseignement, l’emploi, la culture ou encore le social, je ne suis pas certaine que ça devrait être Hollande…

    A part ça c’est une analyse très intéressante.

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    1. Merci pour ce commentaire ! Concernant le sens critique, c’est vrai, mais il faut dire que c’est encouragé. On apprend assez peu aux élèves de collège/lycée à développer leur esprit critique, ça ne vient qu’en fac ; et les médias ont aussi une grande, très grande part de responsabilité dans l’affaire. Aujourd’hui, même quelqu’un d’éduqué et de cultivé peut facilement perdre tout sens critique après quelques années d’info à la sauce Pujadas et/ou BFM. Après, choisir les personnes critiques poserait un autre problème : qui choisit ? Sur quels critères ? On voit vite qu’en réalité, on se retrouverait rapidement avec une dictature. Peut-être bienveillante au départ, mais une dictature quand même.

      Concernant l’allusion à Hollande, elle est totalement liée à mon expérience personnelle : c’est le seul président que j’ai « élu », et je m’en suis mordu les doigts, l’ayant vu faire pas mal de choses que j’avais dénoncées chez son prédécesseurs. L’exemple de l’université est flagrant : il a assuré la totale continuité de la politique de Sarkozy en la matière, mais cette fois-ci, les syndicats n’ont pas bougé, car plus réticents à se mobiliser contre un président dit « de gauche ». De la même manière, un état d’urgence de cette ampleur mis en place par Sarkozy aurait suscité un véritable tollé. Clairement, quoi qu’on pense de sa politique, Hollande n’applique en tout cas pas ce qu’il avait promis.

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      1. Ca y est on est complètement d’accord 😉 sans blague c’est effectivement pour moi une des choses les plus préoccupantes de ces dernières années : l’absence quasi-totale du système éducatif de la formation de l’esprit avant la dernière année de licence pour certaines filières. C’est une des racines profondes du problème.

        La sélection des votants bien sur ce n’était pas sérieux. J’ai bien conscience que c’est impossible de prendre des dispositions pour une telle mesure sans dériver très rapidement vers des abus.

        Quant à Hollande, c’était la première fois que je votais donc je n’ai presque pas d’expérience en matière de satisfaction/déception sur ce point. Mais je comprends mieux. En ce qui concerne l’université, je suis d’accord et c’est bien triste.

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  6. Bonjour et merci pour cette excellente analyse.

    Je n’ai qu’une seule critique, lorsque vous dites :

    « Or, qu’est-ce que l’abstention, sinon contester un système de vote qui ne remplit pas ses objectifs »

    Je pense que vous donner un pouvoir à l’abstention qu’elle n’a pas. Pour contester il faut être entendu, or l’abstention tombe dans l’oubli, car elle est muette. L’abstention est un refus mimétique qui n’étaye rien et qui est plus ou moins visible mais ce n’est pas une contestation en soi, dans le sens où elle n’est pas audible pour le public.

    Elle est muette car les abstentionnistes se contentent de s’abstenir justement.

    Aucun engagement politique concret et efficace ne rassemble cette majorité silencieuse.

    Or de nos jours nous avons les moyens de constituer ou de rejoindre ( je pense aux CVB) un parti apolitique qui a pour but et pour fonction de modifier les règles démocratiques.

    Selon moi, c’est donc un défaut de réalisme sur sa méthode et un manque d’humilité personnelle lorsque quelqu’un qui s’abstient se targue de contester le système, puisqu’en réalité il ne lui oppose pas de résistance proactive, quelque soient les bonnes actions éphémères qu’il puisse accomplir au quotidien.

    La contestation du système de représentation pour être digne de ce nom devrait se concentrer autour d’une lutte qui a pour but de faire sauter les verrous successifs qui barrent la route à une démocratie plus directe.
    Et aujourd’hui c’est tout à fait imaginable, tant les vices de ce système sont compris et analysés et tant les mécontents sont nombreux. Il ne manque que de la cohérence et de la volonté de la part des abstentionnistes.

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    1. Oui et non : si personne ou presque ne rejoint ces mouvements, s’ils font des scores négligeables, c’est parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire campagne avec les mêmes armes que leurs « ennemis ». Or, dans le système actuel, il ne faut pas rêver : il faut des sous, il faut de la visibilité pour gagner. Il est donc bien plus facile de fédérer autour de l’abstention, qu’autour d’un parti du changement qui devra, tôt ou tard, se « prostituer » pour avoir les moyens d’être visible. Reste cette grande question : que faire maintenant ? Et là, c’est pas simple.

      On a pas mal parlé de ces questions avec DanyCaligula lors du dernier live de sa chaîne, Doxa.

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    2. Oui mais pas que de la part des abstentionnistes qui, je le parie, reproduiront le même résultat d’ensemble des élections si voter devenait obligatoire.
      J’en ai pour preuve que nous ne sommes pour le moment que 5600 (pour plusieurs millions d’absentionnistes !) à avoir signé la pétition ci-dessous pour soutenir, face au Parlement, l’idée du contre pouvoir extrêmement puissant des référendum d’initiative 100 % citoyenne en France :

      http://www.article3.fr/actions/petition-pour-l-instauration-du-referendum-d-initiative-citoyenne-en-france?cdpetitions_limitstart=0#cdpetitions-signatures

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  7. Bonjour,
    J’entends trop dire qu’il faut voter parce que des gens sont morts pour qu’on ait le droit de voter.
    Au passage, mourir pour qu’on puisse élire des représentants qui nous trahiront par la suite, automatiquement et systématiquement, est une belle connerie.
    Bref, j’ai voulu savoir quels idiots, dans le passé, étaient morts pour le suffrage universel d’une « démocratie  » 100 % représentative.
    Un petit tour sur Wikipedia et me voilà sur votre site qui résume fort bien ce que ce que je viens de lire sur Wikipedia.
    Merci et félicitation pour votre travail.
    Post scriptum : je gerbe copieusement sur notre « démocratie  » française, par contre j’admire et je trouve géniale la démocratie semi-directe suisse.

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  8. Bonjour,
    J’entends trop dire qu’il faut voter parce que des gens sont morts pour qu’on ait le droit de voter.
    Au passage, mourir pour qu’on puisse élire des représentants qui nous trahiront par la suite, automatiquement et systématiquement, est une belle connerie.
    Bref, j’ai voulu savoir quels idiots, dans le passé, étaient morts pour le suffrage universel d’une « démocratie  » 100 % représentative.
    Un petit tour sur Wikipedia et me voilà sur votre site qui résume fort bien ce que ce que je viens de lire sur Wikipedia.
    Merci et félicitation pour votre travail ainsi que vos illustrations et remarques très pertinentes.
    Post scriptum : je gerbe copieusement sur notre « démocratie  » française, par contre j’admire et je trouve géniale la démocratie semi-directe suisse.

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  9. L’article est très intéressant, j’y ai appris plein de choses. Je trouve cependant que l’argument du début précisant que des hommes sont morts pour des causes contraires ou des causes que nous aurions tendance à juger peu loyales n’est pas valable. Je ne vois pas en quoi le fait de pousser à appliquer les idées de certaines personnes mortes pour une « bonne » cause devrait pousser à appliquer les idées des personnes mortes pour de « mauvaises » causes. En prenant un autre exemple, s’il y a une manifestation pro-israël puis une manifestation contre la colonisation israélienne, devrais-je avoir autant de respect pour les uns que pour les autres parce qu’ils appliquent leur droit à manifester ? Bien entendu que non, j’aurai du respect pour ceux dont j’estime que l’action est louable. Il en est de même pour l’héritage de droits acquis, bien que le droit de vote n’en fasse pas véritablement partis, si l’on parle des personnes mortes pour ce droit.

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  10. Je suis abstentionniste et je pense que tu as raison de ne pas aller voter. Néanmoins j’ai quelques critiques à te faire concernant ta déconstruction.

    Concernant le premier argument :  » les gens sont morts pour le droit de vote « . Comparaison n’est pas raison. Le simple fait de dire que des personnes sont mortes pour d’autres raisons dont le nazisme ( point Godwin) ne suffit pas à invalider l’argument (même si ce n’est pas le seul argument de ta dé monstration). En effet, lorsque l’on dit que des personnes sont mortes pour le droit de vote, ce n’est pas la mort qui est mise en avant. Mais le progrès social. C’est comme lorsque l’on dit que certaines personnes ont fait une grève générale pour que l’on obtienne les progrès sociaux que nous avons aujourd’hui.

     » Des personnes sont mortes pour le droit de vote » revient à dire que des personnes se sont battu pour ce progrès social. Et ce n’est pas rien. Je pense qu’on ne voudrait pas tous les deux la restauration, par exemple, d’une monarchie absolue. C’est la différence de situation qui compte dans cet argument. D’un point de vue logique on pourrait même te demander quel est ta définition du bien et du mal. Si tu considère, tout comme moi, que la question du bien et du mal se décide selon la conséquence bonne ou mauvaise d’une action, par exemple il est préférable de mentir quand on est sous l’occupation et qu’on cache un juif dans sa cave plutôt que de dire la vérité car la conséquence de l’acte est un bien ( sauver une vie ), alors se battre pour le droit de vote n’était il pas une bonne chose d’un point de vue logique? Dans ton argumentaire tu POSTULES que mourir pour ses idées, quelles qu’elles soient, est mauvaise. D’un point de vue logique je te répond que c’est discutable. Si on te proposait de mourrir pour sauver la vie de millions de personnes, est ce que ta mort ne serait pas bonne ?

    Concernant l’argument des morts pour le droit de vote.
    Tu le dis toi même : « Il serait néanmoins malhonnête de dire que personne n’est mort pour le suffrage universel. » Donc des personnes sont quand mortes pour ce droit là. Même si, encore une fois, derriere l’argument de la mort ce n’est pas la mort en elle même qui compte mais la notion de combat pour un progrès social. Ce que je te reproche c’est d’occulter la réalité, voire la minimiser, pour démontrer que peu ou pas de personnes sont mortes pour le droit de vote. Mais dans ces morts que tu cite je suppose qu’on a pas tout ces pauvres paysans morts indirectement du fait des différents régimes monarchiques et autres qui ont précédé les régimes républicains.

    « Néanmoins, ces luttes concernaient plus l’égalité des droits que le suffrage lui-même ». Peut etre, je l’admet. Mais l’égalité des droits n’est pas différente du droit de vote. Je veux dire par là que les femmes se sont battus pour avoir l’égalité donc… le droit de voter !

    Tes arguments ne viennent que masquer la réalité qu’il y a eu des mort pour le droit de vote que ce soit directement ou indirectement; et que l’argument avancé par les votant n’etant pas plus la mort que le combat vers un progrès social considérables.

    Je pense que ta déconstruction, sans être méchant, ne tient pas. Ou tout du moins est bancal. Et qu’il y a d’autres raisons d’être abstentionniste que cet argumentaire. Bien que je pense que tu en ais d’autres 🙂

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  11. Lorsque notre vote en est un parmi des dizaines de millions d’autres, il devient illusoire qu’un seul vote puisse faire une grande différence. Néanmoins des gens votent et des gouvernements sont élus en bout de piste. C’est donc que voter a un effet, mais il n’y a pas de quoi en faire un complexe si on passe notre tour. À choisir entre une bonne baise et aller voter, oubliez-moi au bureau de scrutin.

    Je trouve idiote l’obligation légale belge de voter, elle enlève aux gouvernements l’obligation de rendre la politique et la participation citoyenne intéressantes pour la population; c’est aussi un déni du droit de rester à la maison et de vivre sa vie comme on veut.

    Néanmoins, une partie du problème du système électoral français (tel que je le comprends), et de la plupart des gouvernements européens, tient de la représentation proportionnelle (RP). Avec la RP, on vote pour des listes et non pour des candidats précis; une fois élus, quel lien existe-t-il entre ces députés et les électeurs? Les députés représentent les partis qui les ont mis sur leurs listes. Vera-t-on un citoyen se présenter chez son député pour lui dire « fais quelque chose pour moi, d’autant plus que j’ai voté pour toi et que la prochaine élection est pour bientôt »?

    Par contraste, dans le système parlementaire britannique qui est généralement répandu dans le Commonwealth, les électeurs ne votent pas pour des listes, mais pour des candidats bien identifiés. Un parti qui a une majorité de députés forme le gouvernement. Incidemment, exit les gouvernements de coalition, exit l’instabilité ministériel. Mais surtout, le député sait que sa réélection dépend en bonne partie de son travail auprès de ses commettants; il a donc intérêt à être disponible, à écouter et à livrer.

    Certes le système parlementaire britannique n’est pas parfait. Il tend à asseoir au pouvoir des partis pour de longues années, il fait peu de place aux tiers partis et la représentation est dépendante du dessin des circonscriptions électorales. Mais au moins, on a l’impression que le député est notre député, même s’il est d’un autre parti, et que notre vote peut faire une différence pour ce député.

    C’est donc à y penser : tenez-vous à ce point à la représentation proportionnelle? Ou devrait-il y avoir une représentation mixte, c’est à dire avec des listes de candidats et avec des élections pour des candidats précis?

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  12. Il me semble que le peuple a besoin d’un moyen pour s’exprimer. Même imparfait le droit de vote est un moyen. Je défend pour ma part l’idée d’un « devoir de vote ». L’argument n’est pas de respecter les gens qui sont emprisonnés ou qui meurent pour l’idée démocratique mais que être citoyen s’est d’abord pouvoir s’exprimer et donc voter. L’idée corolaire est d’établir la reconnaissance du vote blanc comme expression d’un désaccord et que par ailleurs les partis ne soient plus les « écuries » pour lancer des candidats qui défendent un programme qu’ils n’appliqueront pas. Devoir de vote + reconnaissance du vote blanc + fin des partis + proportionnelle + fin de la présidentialisation de toute la vie politique = expression démocratique réelle et donc nouvelle démocratie = une sixième république en phase avec les aspirations démocratiques du XXIe s.

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    1. « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté » Confucius

      Je ne connaissais Confucius « ni des lèvres, ni des dents » jusqu’à la re-découverte de cette citation ; pas celle de Coluche mais celle de Fucius qui n’était pas si Con.

      En effet, en consultant sa biographie, je découvre pêle-mêle que Confucius était un philosophe chinois, né le 28 septembre 551 av. J.-C. à Zou (陬) et mort le 11 mai 479 av. J.-C. à Qufu (曲阜) dans l’actuelle province du Shandong, Il semblerait donc qu’il soit né après son décès.

      D’après la légende, des événements extraordinaires auraient précédé sa naissance; une licorne aurait en outre, prédit sa naissance. Elle vomit une tablette de jade qui prédisait la naissance d’un enfant qui soutiendrait la déclinante dynastie Zhou. Au cours de la nuit de sa naissance, deux dragons se seraient posés sur le toit de sa maison. Cinq vieillards, qui restituaient les essences des Cinq Planètes, arrivèrent dans sa cour. Des chants célestes se seraient fait entendre. Puis finalement, des voix prophétisèrent; Le Ciel favorisera la naissance d’un fils saint.

      Confucius faisait six pieds neuf pouces de haut. Ce qui équivaut aujourd’hui à deux mètres six. Cette haute stature lui venait de son père qui était un vrai colosse, lui-même mesurant plus de deux mètres vingt.

      Bon, voilà, ça c’est écrit… on poursuit…

      Selon Confucius, les mots ont un sens, la philosophie démontre son utilité.

      Mais, quel est donc le sens des mots : Vote, Election, Démocratie, Oligarchie, Peuple Souverain ?

      Les slogans des oligarques au pouvoir pour galvauder le mot VOTE sont révélateurs :

      1 – « Nos ancêtres se sont battus pour le droit de vote ». Variante : « Certains sont morts pour le droit de vote »

      2 – « Voter c’est remplir son devoir de citoyen »

      3 – « Ne pas voter, c’est faire le jeu du Front National » ou « Je vote FN pour faire chier le système » ou bien encore « On n’a pas encore essayé le FN, ils ne pourront pas faire plus mal »

      4 – « Un vote peut changer le résultat. Voter, ça compte ! »

      5 – « M’abstenir n’a pas rendu mon monde meilleur » ou « Ne restez pas sans voix. Votez ! » ou encore : « Moi, je suis trop jeune pour voter et toi, t’es trop quoi ? » ou bien le dernier slogan du PS : « S’abstenir, c’est faire l’autruche ! »

      Et la dernière que je trouve remarquable : « Ne laissez pas les autres décider pour vous. Votez ! »

      Tous ces slogans sont MINABLES et MENSONGERS et aucun ne résiste devant l’histoire et devant les FAITS!

      Revenons donc au sens du mot VOTER mais aussi à celui du mot ELIRE ; ça f’ra « d’une pierre deux coups » comme dit si bien « Vox Populi », un autre grand philosophe apatride.

      Le Grand Robert et le Petit Littré sont à l’unisson :

      VOTER: « Le vote est une méthode permettant à un groupe une prise de décision commune dans un délai donné ».

      ELIRE: Choisir entre plusieurs personnes ou plusieurs choses; (Politique) Nommer à une dignité, à une fonction, à une place par la voie des suffrages

      Nos gouvernants menteurs et manipulateurs ont bien étudié « l’injonction paradoxale » ; le peuple souverain continue à croire « mordicus » qu’il va voter…. Ahhhhhhhh le con !

      Pardon pour cet écart de langage dû sans doute à une trop grand empathie de ma part.

      Reprenons mon slogan favori : « Ne laissez pas les autres décider pour vous. Votez ! ».

      Ce slogan a la vie dure et fait l’amalgame entre VOTER et ELIRE.

      Le peuple souverain (souverain… arfffffff) a été invité à VOTER (et non ELIRE) lors d’un referendum sur le Traité Européen en 2005. Le peuple n’a pas ELU, il a VOTé ! Résultat du VOTE (je vous l’donne Emile) : le peuple SOUVERAIN a dit NON et 3 ans plus tard les soi-disant REPRESENTANTS du peuple qui ne représentent que leur caste médiatico-politico-financière oligarchique a dit OUI.

      Peuple souverain cocu… lève-toi ! Non, j’rigole… tu peux te rasseoir…. sur un coussin … moëlleux de préférence!

      Et hop là, voilà comment on peut démontrer que 4 mots ont perdu leur sens : Voter, Elire, Souverain et Représentants.

      Je dégage donc le slogan ridicule et mensonger « Ne pas voter, c’est laisser les autres décider à votre place » pour le remplacer par le slogan approprié et véritable : « Voter, c’est laisser les autres décider à votre place ».

      Lorsque j’élis, je me dépouille (pas de ma faute … je n’ai pas le temps de réfléchir… ) de mon droit de vote pour le transmettre à des élus-traîtres qui se garderont bien de me demander une prise de décision pendant leur mandat.

      Je dispose bien d’une carte ELECTORALE et non d’une carte de VOTANT…. les mots ont un sens… m’enfin!

      Sinon, toi, ami lecteur, dis-moi pourquoi tu élis? Pourquoi tu refuses de voter ?

      A la prochaine élection, tu te feras encore envaseliner…. et aux suivantes aussi… T’aimes ça… hein… coquin?… C’est tellement bon !

      :-)))

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  13. Cet article est très intéressant, ce pourquoi je vous donne ma façon de penser :

    Étant jeune, à l’école, lors des élections des délégués de classe, je me souvient qu’il y avait plusieurs façon d’exprimer sont choix.
    -Le vote pour une personne ou pour une autre,
    -Le vote nul qui consiste à écrire autre chose que le nom d’une personne sur le buletin de vote, cela signifie que l’on se fou du droit de vote, des idées et des personnes l’ayant mis en place,
    -Enfin le vote blanc qui s’effectue en ne mettant rien dans l’enveloppe ou sur le buletin de vote et qui signifie (pour moi) que les idées venant des candidats ne sont pas prioritaire, utile, pratique ni agréable pour tous.

    Tout ce qu’ils veulent c’est être au pouvoir, augmenter leur salaire, s’en mettre plein les poches et mettre en place des lois qui les protègent contre tout, que se soit pour eux ou pour certains patron. Et oui les desous de table de la part de grande entreprise ou multinationale existent et quand ce ne sont pas des enveloppes ce sont des menaces.
    La gauche est au pouvoir, la droite est au pouvoir. Ha non excusez moi maintenant il faudra dire les démocrates sont au pouvoir ou les républicains sont au pouvoir. Et le peuple au pouvoir c’est pour quand.
    Il me semble qu’au début, la politique était du patriotisme. Maintenant c’est devenue un métier super bien payé, sans frais et avec tous les avantages imaginable.

    À bon entendeur @+ !

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  14. On peut être amené à mourir pour la défense d’une cause dans plusieurs situations ; par exemple :
    • Lorsqu’on ne laisse aucun choix à l’individu que celui d’obéir à un ordre qui entrainerait lui-même la mort en cas de désobéissance: exemple : obligation de faire la guerre sur ordre de mobilisation en 1914 et 1939.
    • Lorsque la pensée propre à l’individu a été anéantie par la propagande : exemple des djihadistes dont le cerveau a été lavé par daech et l’islamisme radical.

    Il faut bien noter que dans ces situations la « cause à défendre » n’est nullement la « cause de l’individu lui-même ». Si l’individu était réellement libre il ne choisirait pas de mourir, ni même de risquer sa vie.

    De même, les gens du peuple qui sont morts lors de la révolution française sont morts pour défendre, non leurs propres intérêts, mais pour défendre les PROMESSES que les notables de l’époque leur faisaient.

    On est là plus proches du cas de ceux qui meurent pour les promesses d’un monde idyllique faites par daech que du cas de ceux qui meurent pour instaurer une démocratie authentique. Car les élections qu’on leur promettait n’étaient pas pour le peuple mais seulement pour les censitaires c’est-à-dire les classes riches qui payaient l’impôt (le cens). On a hérité de cette promesse que l’on continue à prendre pour la démocratie…

    Pour plus d’infos voir http://changer-de-bocal.pagesperso-orange.fr/vote_election_abstention.htm

    Jean Fuchs

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  15. Je vais peut-être voter demain, histoire de laisser une ultime chance à la démocratie représentative, mais je me sens un peu comme Jimmy McNulty s’apprêtant à voter pour Tommy Carcetti en ayant conscience que ce type est Littlefinger (cf les séries « The wire » et « Game Of Thrones »). On verra… en attendant, merci pour cet article éclairant.

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