Foutons la paix à Robespierre !

Qu’on le veuille ou non, et pour à peu près tous les camps, Robespierre est devenu la figure qui avale, englobe toute la Révolution. Car finalement, le Robespierre seul défenseur des pauvres vu par Henri Guillemin et l’ogre sanguinaire, « psychopathe légaliste », étrillé par Historia il y a quelques années ont un point commun : ils attirent à eux toute l’ombre ou la lumière de la période, comme si, finalement, Robespierre était la Révolution. Après tout, Michelet et bien d’autres ne la faisaient-ils pas mourir avec lui ?

Dans l’épisode consacré à Thermidor, j’ai donc cherché à « dérobespiériser » le moment de la Révolution où l’Incorruptible est, justement, le plus crucial ; à montrer que tout ne s’arrête pas (ni ne commence) avec lui. Mais la question Robespierre va beaucoup plus loin, car, de son image à ses propos, tout chez lui est encore instrumentalisé par les politiciens de tous bords, et source de débats parfois très violents entre historiens pourtant sérieux. La chose n’est pas nouvelle et déjà au début du XXe siècle, Marc Bloch pouvait lancer cet appel désespéré : « Robespierristes, antirobespierristes, nous vous crions grâce ; par pitié, dites-nous simplement : quel fut Robespierre ? »

À cette question encore bien insoluble, Jean-Clément Martin répond d’ailleurs par une autre : « Dites-nous plutôt ce qu’on en a fait ? », dans l’introduction de son excellente biographie du personnage. La question est d’autant plus importante qu’elle se lie aussi bien fort à une autre : « que va-t-on en faire ? ». Car finalement, le traitement historiographique de Robespierre nous en apprend également beaucoup sur nous-mêmes et sur un certain rapport à la politique et au passé.

Robespierre, éternel enjeu des querelles autour de l’héritage de la Révolution…

 

L’individu, sa volonté, le contexte, et la masse

Lorsque l’on se plonge dans la plupart des ouvrages sérieux qui étudient la Révolution française, un point peut surprendre : s’il y est certainement l’un des personnages les plus présents, Robespierre est pourtant loin d’être l’acteur omnipotent et omniprésent que dépeint la culture populaire. À vrai dire, quiconque est habitué aux ouvrages d’histoire universitaire ne sera que peu surpris car il y a longtemps que l’histoire n’est plus racontée à travers le seul parcours, la seule volonté d’individus considérés comme les meneurs de la période. En s’attachant aux phénomènes plus larges, politiques, mais aussi sociaux, économiques, culturels, l’histoire tend en effet à s’éloigner du seul récit d’actions individuelles. Dans le cas de la Révolution et de Robespierre, il apparaît vite que celui-ci est bien éloigné du dictateur tout puissant parfois dépeint. Mais, à vrai dire, l’aurait-il été que cela n’empêcherait pas malgré tout de le contextualiser, car même le plus puissant des dictateurs n’est jamais totalement isolé, et même les plus sinistres idées ne surgissent pas de nulle part.

Replacer l’individu dans son contexte, replacer ses actions dans un cadre plus large, c’est avant tout se souvenir que les événements historiques ne dépendent pas de la toute puissante volonté des acteurs (pas plus que nos vies ne dépendent de notre seule volonté, n’en déplaise aux adeptes du « quand on veut on peut »). Robespierre ne naît pas à l’écart du monde, il baigne dedans, et ses idées émergent de celui-ci ; il est issu d’un contexte social, culturel, éducatif, qui peu à peu forgent l’homme qu’il est et les idées qu’il défend. De même, son activité politique, même lorsqu’il devient à la fin de sa vie l’un des hommes les plus puissants du pays, ne dépend jamais de son unique volonté : nombreux furent les paramètres qu’il devait prendre en compte, et les forces et oppositions avec lesquelles il devait composer. De ce point de vue, son évolution politique témoigne d’ailleurs d’une adaptabilité certaine.

« Psychopathe légaliste », « homme du génocide vendéen », « forcené de la guillotine » ; ici, toutes les violences révolutionnaires sont attribuées à un seul homme (impression encore renforcée par le montage iconographique qui le place en superviseur des exécutions. Mais c’est une vision bien simpliste, et historiquement erronée.

Placer Robespierre en une sorte d’homme providentiel défenseur des bons, et n’étudier les rapports de force de la Révolution qu’à travers sa personne, comme le fait beaucoup Henri Guillemin notamment dans Silence aux pauvres !, c’est donc négliger, d’une part comment ces positions s’articulent par rapport à la volonté politique des « pauvres » (qui sont étrangement silencieux dans ledit livre), mais c’est également ramener l’action politique à la seule vertu de ceux qui la portent, chose bien dangereuse dont on reparlera. Mais à l’inverse, dépeindre Robespierre en « psychopathe légaliste », qui aurait seul créé la Terreur (si tant est que la notion de Terreur comme système réfléchi soit historiquement recevable…), c’est également perdre de vue que les violences de cette époque peuvent difficilement être imputées à un seul homme et que, de façon générale, se défausser des moments gênants de notre histoire en les attribuant à une unique personne, ou un petit groupe, ne peut que conduire à un aveuglement fort dangereux. Or, cette pratique est bien répandue chez les politiciens de tous les bords…

 

La création d’une exception

Replacer l’individu dans son contexte a souvent tôt fait de faire disparaître ses traits les plus exceptionnels. Un exemple : Guillemin dépeint un Robespierre pionnier de la dénonciation de l’esclavage, et cite pour ce faire un discours à la Convention dans lequel le député s’en prend aux négriers et à leurs « longues bières », dépeignant ainsi en cercueils flottants les navires assurant la traite. Le discours est authentique, mais Guillemin ment (peut-être involontairement) par omission car, en réalité, Robespierre est loin d’être précurseur en la matière. Bien d’autres avant lui avaient tenu des propos aussi radicaux, souvent bien plus à droite : avant même la Révolution, Condorcet et Brissot écrivaient des traités contre l’esclavage et fréquentaient la Société des amis des Noirs ; plus encore, la formule des « longues bières » de Robespierre dérivait d’un discours de Mirabeau repris par Brissot, deux figures que Guillemin n’apprécie guère. Bref, si, en s’attachant au seul personnage de Robespierre et à ses seuls discours il est possible de le dépeindre en précurseur sur ces questions, une contextualisation montre qu’il n’était pas une exception. Il en va de même sur ses autres prises de position, même lorsqu’elles étaient plus isolées. Nous sommes très attachés à la figure de l’individu probe, seul à défendre ses idées et connaissant pour cela une fin tragique : l’image est en effet romantique. Mais elle est rarement, pour ne pas dire jamais, exacte, car l’on n’est jamais seul à défendre des idées qui ne sont jamais venues de nulle part, et s’il est bien un drame qu’illustre la Révolution, c’est que des gens partageant certains combats ont pu malgré tout s’entre-tuer pour d’autres.

Preuve des subtilités de l’histoire : la citation la plus célèbre de Robespierre au sujet de l’esclavage était une reprise d’une phrase prononcée précédemment par son grand ennemi girondin Brissot…

Or, déjà de son vivant, Robespierre a tendu à être érigé en figure d’exception : c’est, du reste, ce qui lui a coûté la vie et lui-même a dû passer sa vie à se défendre – à juste titre – de ne pas être un dictateur. Ses qualités personnelles ont eu un rôle indéniable dans cette place à part : orateur apprécié (même s’il n’était pas forcément à l’époque le plus brillant, et qu’il était loin d’être le seul à s’illustrer en la matière), il jouissait d’une grande popularité et d’une aura à laquelle s’ajoutait sans nul doute son désintéressement (mais, là encore, il n’était pas le seul : ainsi son collègue au sein du Comité de salut public, Prieur de la Marne, avait donné son nom à une expression, « probe comme Prieur », pour cette qualité). De même, Robespierre s’était très tôt acquis des ennemis farouches qui voyaient en lui l’un des dangers pour la révolution, soit qu’il fut trop radical (on l’associait alors à Danton et Marat, notamment au lendemain des massacres de septembre, bien qu’aucun n’y ait pris directement part) soit au contraire qu’il lui fut reproché sa répression des hébertistes et autres « Enragés ».

Ce phénomène crut de façon exponentielle à la mort de Robespierre : les travaux de J.-C. Martin, Marc Bélissa et Yannick Bosc notamment montrent dans le détail comment, dans les temps qui suivirent sa mort, la figure du Robespierre sanguinaire, froid et terrifiant fut savamment amplifiée jusqu’à devenir un lieu commun admis du plus grand nombre. En créant ce personnage désormais mythique, tous les autres acteurs de la Terreur, du moins ceux qui avaient retourné leur veste assez tôt, pouvaient se dédouaner de leurs actes passés. Ce fut le cas de Fouché, Tallien, Barras, tous terroristes avertis qui ne se privèrent pas d’attribuer tous les excès à un homme qui avait pourtant fortement condamné les leurs ! Conséquence qui n’était pas forcément à leur programme, la Révolution, du moins dans sa partie la plus radicale, devint inextricablement liée à sa figure légendaire, tissant un faisceau de fantasmes depuis longtemps déconstruits par les historiens, et pourtant toujours parfaitement intégrés par le grand public.

 

De la légende noire à la légende dorée

La légende noire de Robespierre fut donc l’une des plus travaillées et étoffées tout au long des siècles qui ont suivi. Bien peu de personnages historiques ont eu droit à un tel arsenal de légendes et fantasmes transformés en faits tenus pour acquis. La Terreur elle-même est une notion questionnée (à raison) par les historiens mais, aux yeux du plus grand nombre, elle ne fait aucun doute, pas plus que la responsabilité prépondérante de Robespierre. Face à cette représentation en a donc émergé une autre, partie de la volonté louable de rétablir la vérité, volonté qui a parfois dérivé vers celle moins scientifiquement acceptable de « rendre justice » ou de « réhabiliter », ce qui ne me semble pas devoir être le rôle de l’historien.

Nombre de ces travaux ont été d’une importance cruciale et ont apporté beaucoup à la connaissance de la période. Au sommet de sa querelle avec son ancien maître Alphonse Aulard, Albert Mathiez a en effet cofondé en 1907 la Société des études robespierristes dont la revue, les Annales Historiques de la Révolution française, continue à publier des articles de référence aujourd’hui encore. On doit également à cette société beaucoup en ce qui concerne la connaissance des textes de Robespierre, et il est heureux qu’avec la durée, elle ait su dépasser de loin ce seul personnage pour apporter beaucoup, dans de nombreux champs d’études de la Révolution.

Reste que d’autres tentatives furent plus maladroites, et le sont encore. J’ai déjà longuement étrillé la vision que propose Henri Guillemin de la période et de Robespierre dans mon analyse de Silence aux pauvres ! Les omissions de ce libelle sont en effet assez flagrantes, en cela qu’il fait disparaître quiconque se trouve à la gauche de Robespierre, quiconque a pu contester ses positions sans pour autant être du côté des possédants. Les libelles de ce genre sont en effet rarement compatibles avec les nuances et subtilités de l’analyse historique.

Création postérieure bien plus que réalité historique, l’antagonisme entre Danton et Robespierre est symbolique des simplifications qui obscurcissent notre compréhension de la période.

De même, l’émergence de la figure de Danton comme repoussoir, par effet de balancier est assez dommageable à la pleine compréhension de la période. Au-delà des caricatures (voire inventions) de Guillemin, Danton avait déjà été au début du siècle la cible de choix de Mathiez qui, à travers lui, atteignait également son ancien maître, Aulard. Légendaire moment historiographique, leur controverse trouva cependant une issue apaisée lorsqu’à Mathiez succéda un Georges Lefebvre plus conciliant, qui sut ouvrir alors de nouveaux débats certainement plus constructifs. Reste que, paradoxalement, si de nos jours l’historiographie universitaire a désormais traité de façon assez rigoureuse le cas Robespierre, Danton reste bien plus nébuleux. Le très bon ouvrage collectif Danton, le mythe et l’Histoire dirigé par Biard et Leuwers, deux présidents de la Société des études robespierristes, est cependant porteur de très bons espoirs sur le long terme. On peut ainsi espérer que le jeu de balancier qui inverse légendes noires et légendes dorées au gré des tendances et enjeux pourra un jour laisser une plus grande place aux constats plus nuancés, qui sont ceux sur lesquels se construit réellement l’histoire, et par lesquels elle nous permet de tirer de réels enseignements.

 

À quoi sert aujourd’hui Robespierre ?

Robespierre clive, à tous les niveaux. On a pu déjà ici parler de la fameuse histoire de son masque mortuaire : la falsification était palpable. Mais on peut, avec Jean-Clément Martin, s’interroger sur un autre point : pourquoi le personnage suscite-t-il à ce point des réactions virulentes, que ce soit pour le défendre lorsqu’il est étrillé ; ou au contraire pour le dénoncer lorsque l’on envisage de préserver ses manuscrits ou de nommer une rue en son honneur ? Robespierre est toujours, aujourd’hui, une figure prisée par nos politiciens qui peuvent en avoir des usages bien éloignés : c’est ce qui transparaissait notamment dans le numéro du Point que j’ai commenté cet été.

La droite peut ainsi capitaliser sur l’image désormais bien ancrée du Robespierre buveur de sang pour dénoncer toute forme de Révolution, ainsi que son héritage (Jean-François Copé étant allé jusqu’à s’inquiéter d’une « tentation de la nuit du 4 août » chez les Français, ce qui ne peut que laisser songeur sur son amour des privilèges), et le filon contre-révolutionnaire est habilement exploité, y compris par les membres d’un parti se réclamant dans son nom même de la « République ».

Certes, les hommes providentiels morts représentent un moindre danger, mais tout de même !

Mais  l’inverse, la transformation de Robespierre en figure tutélaire par Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière (auteur d’un ouvrage au titre sans équivoque : Robespierre, reviens !) peut laisser tout aussi songeur dans la mesure où le personnage est ici idéalisé, et, surtout, placé sur un piédestal faisant oublier que la Révolution était avant tout un ensemble d’affrontements entre des groupes sociaux, politiques, culturels, aux intérêts divergents, et que bien plus que la vertu des dirigeants, c’est le rapport de force entre ces groupes qui guidait la politique du pays. En somme, l’adulation de Mélenchon pour Robespierre devrait également nous pousser à nous interroger sur la conception que nous avons du pouvoir car nous restons, somme-toute, dans la vision bien peu révolutionnaire du leader à la fois charismatique et vertueux qui pourrait se faire sauveur. Or, en disant lui-même refuser le pouvoir personnel, Robespierre aurait-il pu sincèrement souhaiter qu’on le conçoive comme un sauveur ? Une cohérence avec sa propre pensée n’impliquerait-elle pas de réfléchir à construire collectivement, plutôt qu’à invoquer le sauveur ? Ces contradictions, à vrai dire, étaient déjà présentes en Robespierre et ses partisans, à la fois sincères démocrates et émouvants dans leurs discours, et pourtant souvent critiquables de ce point de vue dans la mise en application de leurs principes (quand, par exemple, la Commune de Paris menée par le fervent robespierriste Payan commença à dénoncer les manifestations populaires qui n’avaient pas l’aval du pouvoir…).

 

Se libérer des idoles

Si Robespierre sert aujourd’hui de balise à plusieurs camps politiques, c’est somme toute lui rendre bien peu justice. On peut d’autant plus douter de l’utilité de si anciennes balises face à des enjeux que, si brillant qu’il eut été, il n’aurait pu envisager. On peut, enfin, rappeler que sur certains combats, il fut carrément d’arrière-garde : lorsque les sociétés populaires féminines furent interdites par la Convention, si un député prit effectivement la parole pour dénoncer cette négation des droits de la moitié de la population, ce ne fut pas lui… bien au contraire. Puiser dans Robespierre (ou dans toute autre figure du passé, à vrai dire), un guide ou un fil conducteur pour penser le présent et l’avenir est donc dangereux ; tout autant, du reste, qu’en faire un repoussoir.

Car si l’histoire doit avoir une utilité, c’est avant tout en nous permettant de comprendre les échecs et réussites du passé. Comprendre Robespierre, sa popularité, sa chute, c’est commencer par se libérer des a priori, mais c’est aussi s’éloigner de toute légende, toute binarité. C’est accepter de comprendre également, sans sombrer dans les caricatures et schématisations trop abusives, les pensées et motivations de ses adversaires qui n’étaient pas (tous) guidés par leur seul intérêt personnel et la malveillance. C’est aussi replacer un homme et sa pensée dans un contexte, un passé, et un héritage, pour comprendre d’où ils venaient et ce qu’ils nous ont légués. En somme, c’est faire un réel travail historique, en ne cherchant ni à dénoncer, ni à défendre ; ni à juger ni à réhabiliter, mais avant tout à comprendre et à analyser.

Car au-delà de la fascination ou l’horreur pour Robespierre, c’est notre fascination ou détestation pour les « grands hommes » passés et présents qui doivent nous interroger. Combien d’entre nous ont-ils une fois ou l’autre mis leurs espoirs ou leur confiance dans une figure charismatique, dans bien des contextes différents ? Combien, à l’inverse, sommes-nous à avoir par facilité attribué nos malheurs à quelques individus devenus des ambulances faciles, pour ne pas avoir à examiner de trop près les structures dont ils sont issus ?

Peut-être, finalement, que la plus grande justice que l’on puisse rendre à Robespierre est de refuser de se placer sur le terrain de la défense ou de l’attaque ; pour enfin voir dans cet acteur, comme dans tous les autres qui ont pris part à l’histoire, un homme, issu d’une époque, agissant avec ses failles et forces, avec ses réussites et erreurs mais qui, jamais, ne tint plus qu’un autre la destinée de tout un pays ou plus entre ses mains. Peut-être devons nous enfin avoir l’humilité de replacer les individus, et donc nous-mêmes, à leur modeste place dans des enjeux qui, bien souvent, les dépassent s’ils pensent pouvoir s’y confronter seuls. Car, finalement, pour atteindre cette taille, les « grands hommes », diabolisés ou divinisés, ont dû monter sur les épaules de bien des anonymes…

 

Pour aller plus loin

Sur Robespierre, quatre ouvrages récents sont de très grande qualité :

  • Robespierre, d’Hervé Leuwers (Fayard, 2014) est une biographie de référence, claire et passionnante. Des conférences de l’auteur sont également disponibles à ce sujet sur YouTube.
  • Robespierre, la fabrication d’un monstre de Jean-Clément Martin (Perrin, 2016) est également une excellente biographie, qui prend le partie de se décentrer du seul Robespierre pour le replacer dans son contexte, en comparant fréquemment sa situation à celle de ses collègues et contemporains.
  • Robespierre, portraits croisés dirigé par Michel Biard et Philippe Bourdin (Armand Collin, 2012), regroupe pour sa part des contributions de plusieurs spécialistes qui se concentrent sur différents aspects du personnage et les dissèquent efficacement, en faisant ressortir nombre des subtilités et zones d’ombre.
  • Robespierre, la fabrication d’un mythe de Yannick Bosc et Marc Bélissa (Ellipses, 2013), prend enfin le parti d’étudier non pas la vie du personnage, mais son historiographie, en décryptant comment sont nés les mythes concurrents tournant autour de lui.

3 commentaires sur “Foutons la paix à Robespierre !

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  1. Très bon article, dommage cependant de n’avoir évoqué ni François Furet, ni le  » Livre noir de la Révolution française « , ni Stéphane Courtois, pourtant à la pointe de l’historiographie bourgeoiso-réactionnaire qui n’hésite pas à pondre des pavés de centaines de pages pour expliquer le fil conducteur Robespierre Lénine Staline Hitler etc.

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    1. C’est vrai pour Furet, encore que sa place dans l’historiographie de la Révolution française mériterait en soi un article. Par contre, Courtois et son livre noir sont à l’histoire de la Révolution française ce que je suis à la plomberie : vraiment trop incompétents pour être mentionnés. 😀 Et puis, plus globalement, le sujet de cet article n’était pas tant la notion de Terreur et son héritage/ses récupérations (là, y’a aussi des bouquins entiers de trucs pertinents à dire 😀 ) que sur notre obsession pour les personnages historiques, que ce soit pour les vénérer ou les démolir, deux démarches qui me semblent aussi néfastes l’une que l’autre.

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  2. Très bon article, très intéressant, et pourtant je ne sais pas si je suis complètement d’accord avec ton propos. D’une part, je suis complètement d’accord avec toi, il est temps que des luttes pour le pouvoir et idéologiques cessent d’entraver la recherche et la connaissance historique dont on a tous besoin. Mais d’autre part, toute bataille politique, même au sens noble du terme, est une bataille qui se joue sur le terrain de l’histoire. Tu critiques, avec raison, qu’on s’attache à des personnages historiques, ce qui nous empêche d’echapper à une vision personnaliste du pouvoir. Mais c’est quand même réducteur d’en rester là : Robespierre n’est pas juste une personne, il est un symbole qui incarne un projet politique, certaines luttes, etc. L’attachement des gens n’est pas tellement à une personne qu’à un symbole qui réunit toute une série de choses sans doute parfois confuses et même contradictoires. En gros, ce que je critique de ton propos c’est de vouloir arracher à la politique toute une dimension symbolique qui lui est essentielle. Faire de la politique c’est faire appel à des luttes du passé qui s’incarnent parfois inévitablement dans certains personnages, c’est faire appel à des émotions, c’est même construire des récits différents de ceux du pouvoir. Sans doute la difficulté est de faire tout cela sans tomber dans des falsifications, et c’est là sans doute où les historiens sont indispensables pour toute politique émancipatrice. Et je ne suis pas sûr si justement rendre justice à Robespierre ne serait pas plutôt de faire de lui le symbole de nouvelles luttes émancipatrices. Bref, je t’avoue que je suis partagé, je ne suis pas du tout convaincu par ce que je dis. Mais il me semble que l’histoire ne peut pas être uniquement pour la politique une sorte de laboratoire où l’on apprend des échecs et des victoires, il y a un rapport symbolique et affectif à l’histoire qu’on ne peut (et peut-être qu’on ne doit) pas abandonner ou négliger. Merci en tout cas pour ton travail.

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