Charles Martel et la bataille de Poitiers, de William Blanc et Christophe Naudin

La question du retour en force du « roman national » et des problèmes que cela suscite a déjà été posée sur ce site, notamment lorsqu’il a été question de Stéphane Bern. Je voudrais aujourd’hui m’attarder sur une étude de cas à travers le très bon ouvrage Charles Martel et la bataille de Poitiers, de William Blanc et Christophe Naudin, publié en 2015, et qui revient sur l’historiographie d’un personnage devenu récemment le porte-étendard de l’extrême-droite islamophobe.

 

Retour sur les faits

Pour bien saisir la récupération politique de la bataille de Poitiers et du personnage de Charles Martel, il est nécessaire de faire un rapide retour sur les événements. Ceux-ci sont néanmoins racontés de façon bien plus détaillée et rigoureuse dans les sources qui seront mentionnées en fin d’article, et ce bref résumé a avant tout pour but de mieux situer les événements. Nous sommes dans la première moitié du VIIIe siècle, alors que la dynastie régnante chez les Francs, la dynastie mérovingienne, connaît d’importantes difficultés. Alors que les rois ont perdu en importance, le royaume des Francs est régulièrement divisé en plusieurs royaumes, l’Austrasie, la Neustrie, mais aussi des entités parfois puissantes comme le duché d’Aquitaine. Bref, la France n’existe pas à l’époque, et le « royaume des Francs » est loin d’être une entité solide et unie comme on l’entend au sens moderne du terme.

Charles Martel est le maire du palais de l’époque ; une fonction qui a pris progressivement de l’importance et qui fait de lui, dans les faits, un chef reconnu à la fois en Austrasie et en Neustrie. Il est de fait plus puissant que tous les rois de l’époque, à tel point qu’à la mort du roi Thierry IV en 737, il décida de ne mettre en place aucun autre roi et de diriger seul (Charles Martel mourut en 741, et ses fils mirent finalement sur le trône Childéric III, dernier des Mérovingiens, aux origines confuses). Pour gagner en légitimité face à la dynastie des descendants de Clovis, Charles dut s’attirer des fidèles, notamment en distribuant des biens de l’Église à ses alliés. Mais le meilleur moyen de susciter l’approbation était à l’époque de faire la guerre, qui allait de pair avec des butins conséquents… Il mena notamment des guerres au nord-est du royaume, mais également au sud-ouest pour tenter de dominer le duché d’Aquitaine, détenu par Eudes. C’est dans ce contexte que se déroule la bataille de Poitiers.

Le califat omeyyade au sommet de son expansion, en 750. 20 ans après la bataille de Poitiers, il s'effondrait à force de divisions internes.
Le califat omeyyade au sommet de son expansion, en 750. 20 ans après la bataille de Poitiers, il s’effondrait à force de divisions internes.

À l’époque, le califat omeyyade domine le monde musulman depuis le milieu du siècle précédent, et s’est étendu au sud de la Méditerranée, et dans la péninsule ibérique. Il ne faudrait pas voir ici une expansion rapide, un « rouleau compresseur » : cette conquête s’est faite par étape, avec des temps d’arrêts, et le califat connaît aussi de graves tensions intérieures (il finira d’ailleurs par tomber au milieu du siècle). Quelques expéditions ont traversé les Pyrénées, une garnison ayant même été établie à Narbonne, d’où partent quelques raids en Aquitaine, et à cette époque, c’est Eudes qui est vu comme le défenseur de la Chrétienté face aux invasions.

En 732, une expédition est menée par le gouverneur de Cordoue, dans un but de pillage avant tout. Contrairement à ce que retient l’extrême droite, il ne s’agissait pas d’une tentative de colonisation, dans la mesure où l’armée envoyée n’était pas accompagnée de colons désireux de s’installer durablement. Il s’agissait ici principalement d’accumuler des richesses. Face à ces pillages, Eudes finit par en appeler à Charles, jusque-là son rival. Ce dernier n’intervint pas pour « défendre la Chrétienté », mais avant tout pour protéger ses propres terres, notamment le précieux sanctuaire mérovingien de Saint-Martin de Tours, contenant d’importantes richesses. Le reste de l’Aquitaine ne l’intéressait que vaguement, dans la mesure où il l’avait laissée piller pendant plusieurs mois auparavant. La bataille de Poitiers elle-même se déroula à un moment et un lieu connus de façon imprécise, bien que la date du 25 octobre 732 soit la plus vraisemblable.

Charles Martel n’a pas « arrêté » les Arabes à Poitiers : d’une part, il ne s’agissait pas là d’une invasion, mais d’autre part, surtout, les incursions se sont poursuivies, non plus en Aquitaine, mais en Provence. Certes, néanmoins, la bataille eut un certain retentissement chez les Musulmans, le gouverneur de Cordoue y ayant trouvé la mort. Elle n’a cependant pas été un « coup d’arrêt » face au « rouleau compresseur arabe » comme certains aimeraient le faire croire. Elle permit en revanche à Charles de renforcer son influence sur l’Aquitaine, Eudes lui étant redevable. Charles Martel continua à gagner en influence jusqu’à sa mort en 741, puis légua le pouvoir à ses fils, Carloman et Pépin. Ce dernier devint finalement roi des Francs à la place de Childéric III, ouvrant la voie à la dynastie Carolingienne.

 

Le livre et son contexte

Charles Martel et la bataille de Poitiers est écrit par William Blanc et Christophe Naudin, historiens qui avaient déjà signé avec Aurore Chéry le livre Les historiens de garde, qui critiquait le retour du roman national, notamment à travers la figure de Lorànt Deutsch, en disséquant les problèmes posés par son Métronome. Or, dans les temps qui suivirent, Deutsch sortit Hexagone, nouveau best-seller pourtant truffé d’erreurs et d’analyses douteuses. Comme le précédent, l’ouvrage était également marqué par un recours constant à une historiographie datée et très teintée à l’extrême-droite, des auteurs fort contestés comme Pierre Gaxotte et Jacques Bainville occupant une bonne place en bibliographie. Le chapitre consacré à la bataille de Poitiers (intitulé « Le croissant et le marteau », sans commentaires) a ainsi fait l’objet d’une analyse détaillée par les auteurs, disponible sur leur site.

Deutsch en pleine promotion d'Hexagone chez son ami et soutien Stéphane Bern.
Deutsch en pleine promotion d’Hexagone chez son ami et soutien Stéphane Bern.

Mais plus qu’une simple réponse aux clichés débités par Deutsch, cet usage de la bataille de Poitiers appelait une autre question : comment cet événement est-il devenu un symbole de l’extrême-droite ? L’ouvrage se divise donc en deux parties. La première, historique, revient sur la bataille en usant au maximum des sources d’époque, en les commentant et les critiquant : bref, en faisant un travail d’historien et non celui de « passeur d’histoire » que s’attribue Deutsch. La bataille est remise dans son contexte, des chapitres évoquant les événements précédents et suivants, afin de bien montrer que ce ne fut pas le « coup d’arrêt » fantasmé, et de comprendre pourquoi elle était alors perçue comme secondaire.

C’est néanmoins la deuxième partie du livre qui est la plus intéressante : là encore avec de nombreuses citations, les auteurs reviennent sur l’historiographie de la bataille, en détaillant comment elle fut dépeinte à travers les périodes, de même que la figure de Charles Martel, du Moyen Âge à nos jours. Ce travail se révèle nécessaire pour comprendre l’évolution des perceptions et usages du personnage. C’est donc sur ce point qu’il convient de s’attarder car, en Histoire, la « vérité » importe peu, si tant est qu’on puisse la définir totalement. C’est principalement la manière dont les choses sont racontées qui doit être étudiée.

 

Du pilleur d’églises au sauveur de la Chrétienté

L’analyse de Naudin et Blanc démontre en premier lieu une chose : la bataille de Poitiers et Charles Martel furent fortement oubliés au Moyen Âge. Ainsi, alors que bien des auteurs actuels voudraient voir dans les Croisades une « réponse » à Poitiers, les sources d’époque y font très peu référence. Au fil du temps, et notamment à la Renaissance et dans les temps qui suivent, le personnage est redécouvert, mas assez peu en bien. Charles Martel y est alors surtout vu comme un ambitieux, prêt à piller les biens de l’Église pour assurer son pouvoir, qu’il usurpait aux rois légitimes. Les défenseurs de l’absolutisme royal tentèrent pour leur part de l’utiliser, non pas comme défenseur de la Chrétienté, mais comme combattant de la puissance des grands seigneurs qui nuisaient à l’unité du royaume. Nous étions donc alors bien loin de l’analyse imaginant un conflit entre deux mondes : le rôle du personnage envers son propre peuple était le seul jugé, que ce soit positivement ou négativement.

Au XVIIIe siècle, les philosophes, Voltaire en tête, se prirent à analyser l’histoire sous l’angle du progrès : la bataille de Poitiers était alors, dans cette optique, un désastre qui nous aurait privés de la science et de l’art musulmans tels qu’ils ont été connus par la Péninsule ibérique, pendant que nous aurions été plongés dans l’obscurantisme du monde féodal. À l’inverse, un auteur fervent catholique comme Chateaubriand pouvait écrire, au début du XIXe siècle, que Charles Martel était sauveur de la Chrétienté face à l’obscurantisme musulman. Cette analyse présenta à l’époque un intérêt flagrant : elle permettait de justifier la colonisation de l’Algérie au nom de cette lutte contre l’obscurantisme. Ce n’est pas pour rien que le tableau le plus célèbre de cette bataille, peint par Charles Steuben à la demande de Louis-Philippe en 1837 et exposé à Versailles, fut conçu à cette époque.

La bataille de Poitiers peinte sur commande de Louis-Philippe par Charles de Steuben. Les costumes très typés et la présence de la Croix, sans aucun rapport avec la réalité historique, servent à nourrir l'idée d'un conflit entre deux cultures, bien que les sources d'époque ne soutiennent pas cette idée.
La bataille de Poitiers peinte sur commande de Louis-Philippe par Charles de Steuben. Les costumes très typés et la présence de la Croix, sans aucun rapport avec la réalité historique, servent à nourrir l’idée d’un conflit entre deux cultures, bien que les sources d’époque ne soutiennent pas cette idée.

Rapidement, néanmoins, le personnage retomba dans l’indifférence. Naudin et Blanc se sont notamment intéressés aux manuels scolaires de la Troisième République, qui l’évoquent somme toute assez peu. Lorsqu’ils en parlent, ce n’est pas en tant que sauveur des Chrétiens, mais comme défenseur du pays face aux envahisseurs. La bataille de Poitiers ne sert alors pas à inciter les petits Français à se défendre contre une religion étrangère, mais à préparer la revanche contre l’Allemagne, bien plus haïe. Lorsqu’il est utilisé, Charles Martel est donc montré comme un artisan de la construction et de la défense nationales, mais pas comme un tueur de païens.

Au XXe siècle, l’extrême-droite s’intéresse également très peu à l’individu : Jeanne d’Arc semble bien plus porteuse (nous sommes, après tout, à l’époque où des jeunes proches de l’Action française peuvent mener une expédition punitive contre un professeur émettant en cours des doutes sur « ses voix »…). De plus, jusqu’aux années 1990, l’Islam n’est pas la cible prioritaire de l’extrême-droite, qui craint avant tout les communistes, et, tout autant, de voir la France finir vassale des États-Unis, qu’elle suppose aux mains des Juifs : antisémitisme et anticommunisme primaires sont alors ses principales valeurs (à l’époque, d’ailleurs, Jean-Marie Le Pen est encore un europhile assumé…). La chute du mur change la donne car, un nouvel ennemi est nécessaire. La théorie du « choc des civilisations », élaborée par Samuel Huntington, les séduit malgré ses failles béantes et permet de faire des Musulmans la nouvelle menace.

Dans ce contexte, la bataille de Poitiers devient un symbole séduisant : en 732, Charles Martel aurait mis un coup d’arrêt à un « grand remplacement en marche », et il faudrait désormais faire de même face à une immigration jugée massive et une « islamisation » de la France. Ceci explique des « coups » médiatiques forts, comme l’occupation du site de construction de la mosquée de Poitiers par les identitaires (qui ont ainsi pu se vanter d’arrêter « une deuxième fois » les Arabes à Poitiers), ou encore le « Je suis Charlie Martel » d’un Jean-Marie Le Pen toujours efficace dans ses postures de papy facho blaguant en fin de dîner.

Les identitaires "arrêtent à nouveau les Arabes à Poitiers" en montant sur le toit de la mosquée en construction... Récupération stupide, mais image très efficace au sein de l'extrême droite...
Les identitaires « arrêtent à nouveau les Arabes à Poitiers » en montant sur le toit de la mosquée en construction… Récupération stupide, mais image très efficace au sein de l’extrême droite…

Ce n’est donc que depuis une quinzaine d’années que Charles Martel est devenu la figure du « défenseur de l’occident chrétien » après avoir longtemps été perçu comme un ennemi de la Chrétienté, preuve qu’on peut utiliser un personnage dans le sens qui nous plait le plus. C’est surtout assez malhonnête car c’est oublier, d’une part, que la bataille ne fut pas un coup d’arrêt aux incursions musulmanes, mais surtout qu’elle n’avait à l’époque rien de culturel ou de religieux : il s’agissait uniquement d’arrêter des pillages, au même titres que ceux venus des Vikings quelques temps plus tard par exemple. Le livre de Naudin et Blanc, en faisant parler les sources d’époque, montre à quel point les auteurs peinaient à différencier et désigner les deux camps, et souligne notamment que longtemps, le mot « sarrasin » désigna tout ce qui n’était pas Chrétien, des Vikings aux Arabes. Bref, à aucun moment cette bataille n’a stoppé une islamisation de la France.

 

De la nécessité de lutter contre tous les romans nationaux

Les récupérations de l’histoire sont légion. Celles de l’extrême droite sont particulièrement voyantes et outrancières. Mais elles ne sont pas les seules : tous les courants politiques tentent, à un moment ou un autre, de falsifier l’histoire à leur avantage, ce qu’on verra notamment lorsqu’il sera question ici de la Révolution française. Dans le cas de Charles Martel, une telle falsification venue « de gauche » consiste par exemple à reprendre les idées de Voltaire selon lesquelles Charles Martel, en barrant la route aux Musulmans, nous aurait plongé dans des siècles d’obscurantisme. L’argument a été repris par Jean-Luc Mélenchon sur France Culture, ce qui a naturellement fait les choux gras de ses rivaux. D’une part, cela revient à ignorer les travaux de tous les médiévistes qui, depuis de années, déconstruisent l’idée du Moyen Âge vu comme un âge obscur, ce qui prouve que, à gauche comme à droite, les réutilisations politiques tiennent à s’accrocher à une historiographie datée. Mais surtout, c’est aussi simplificateur que la version d’extrême-droite : dans les deux cas, c’est croire que la bataille fut une sorte de point de rupture fatidique ; or, quel que soit le sens choisi, c’est historiquement faux.

Le roman national de droite et d’extrême-droite est actuellement surexposé : à la télévision, dans le discours politique, en tête de rayon dans les librairies grand-public, et même dans les parcs d’attraction comme le Puy du Fou, création, rappelons-le, de Philippe de Villiers. Mais le roman national « de gauche » existe aussi, avec ses grandes figures et ses simplifications, et il est tout aussi critiquable. Ainsi, toujours dans le cas de Mélenchon, lorsqu’il utilise la figure de Philippe le Bel (un de ses « héros » selon ses propres mots) pour défendre ses idées politiques, car le souverain avait fait payer les banquiers templiers, c’est une simplification historique ridicule. Il ne s’agit pas ici de dénoncer la validité des idées elles-mêmes : juste de dire qu’on peut défendre ce genre d’idée sans falsifier l’histoire et prendre, de fait, le lecteur/téléspectateur pour un imbécile. Ce cas du « roman national de gauche » a également fait l’objet d’une très bonne analyse par William Blanc.

Le but de ce site et de la chaîne est politique : il s’agit de montrer que l’histoire peut donner des leçons, qu’on peut en tirer des analyses pour comprendre notre monde et ne pas reproduire des erreurs du passé. Mais il s’agit aussi de montrer que l’histoire peut servir à de la propagande, à des simplifications. Et à cela, je m’y oppose quel que soit le camp qui les utilise. C’était le propos des articles et de la vidéo sur Guillemin : il nous faut être critiques, y compris et surtout de ce qui flatte notre ego militant. Il est bien plus facile de se faire aveugler par nos propres idées que par celles auxquelles nous sommes opposés. L’esprit critique, ce n’est en aucun cas se contenter de déconstruire ce que l’on désapprouve, c’est avant tout « se » remettre en question.

Dans le cas de Charles Martel, être critique, ce n’est donc pas juste déconstruire la mythologie mise en place par l’extrême-droite, bien que cette étape soit nécessaire. C’est aussi, et surtout faire attention à ne pas sombrer dans les excès inverses, qui rendraient notre discours tout aussi malhonnête. Et ce juste milieu, le livre de Naudin et Blanc, par sa rigueur, le trouve parfaitement.

 

Pour aller plus loin :

  • Tout d’abord, le livre lui-même, Charles Martel et la bataille de Poitiers, de l’histoire au mythe identitaire, par William Blanc et Christophe Naudin (Libertalia, 2015) et un article résumant l’analyse des auteurs.
  • Les auteurs ont également publié l’incontournable Les Historiens de garde, de Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national (avec Aurore Chéry), Inculte, 2013
  • Sur la période plus largement, deux ouvrages apportent un bon éclairage tout en parlant de la bataille, située dans son contexte : La France avant la France (481-888) par Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux (Belin, collection « Histoire de France », volume 1, 2010) et Les origines franques de Stéphane Lebecq (Seuil, collection « Nouvelle histoire de la France médiévale », volume 1, 1990).
  • Enfin, sur les Carolingiens de façon générale, une synthèse récente : Histoire des Carolingiens, par Marie Céline Isaïa (Seuil, 2014).

2 commentaires sur “Charles Martel et la bataille de Poitiers, de William Blanc et Christophe Naudin

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  1. Un point totalement absent de votre argumentaire est la prégnance du mythe de Poitiers dans la conscience collective, qui ne date certainement pas des derniers revirements de l’extrême-droite: j’ai beau ne pas être franchement frontiste ni issu d’une famille de droite et même savoir intellectuellement depuis longtemps que la bataille de Poitiers ne fut pas le coup d’arrêt à l’expansion sarrazine que l’on prétendit, le coup publicitaire des identitaires ou le « Charlie Martel » font immédiatement écho en moi, avant toute analyse rationnelle – et je ne crois vraiment pas être le seul dans ce cas…

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